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Option paradis

Couverture du livre Option paradis

Auteur : François Taillandier

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-234-05796-8

GENCOD : 9782234057968

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

"Je repense souvent à tous les gens que nous avons vus vivre ici. Ce n'est qu'en devenant à notre tour adultes que nous pouvons nous interroger sur ce qu'ils étaient. Quand j'étais petit, les gens me paraissaient normaux. Je considérais qu'ils étaient ce qu'ils disaient être, ce qu'ils laissaient voir. Les conversations courantes, la lecture du journal, le déjeuner du dimanche, l'observance des règles élémentaires de la vie sociale. Ils se conformaient à tout cela, mais nous savons bien, à présent, que c'était faute de savoir que faire du reste, de ce qui bouillait dans la marmite. Ils étaient désarmés, ils ne savaient pas comment faire autrement. Ils y passaient tous. Il y avait quelque chose de caché ici, dans ces murs, dans ces pièces." Ils restèrent silencieux. Ils se tenaient dans leur présence et leur distance. Ils avaient été enfants ici, puis ils avaient changé de sphère, connu des mondes nouveaux. Ils avaient su que ce pays ne les retiendrait pas, ne les retiendrait plus. A quoi s'agissait-il donc d'échapper ?

Du présent au passé, d'une mémoire à une autre, l'histoire de cinq générations en cinq volumes. Tel est le projet ambitieux de La grande intrigue avec lequel François Tallandier renouvelle le roman familial et sociologique. Après Anielka (grand prix du roman de l'Académie française, Stock, 1999) et Le cas Gentile (Stock, 2001), Option Paradis inaugure un grand cycle romanesque.





  • La revue de presse Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 20 octobre 2005

A la manière des grands romanciers brasseurs d'histoire d'autrefois, d'un Aragon par exemple dont il fit le portrait dans «Quel est celui qu'on prend pour moi ?» (essai qui lui valut en 1997 le prix de la critique de l'Académie française), François Taillandier se lance, avec une sorte de hardiesse presque déplacée en ces temps de laconisme général et d'intellectuels urgentistes, dans un cycle romanesque dont l'éditeur précise qu'il racontera «cinq générations en cinq volumes».

Le projet force l'admiration. En vérité, «Option Paradis», premier tome de «la Grande Intrigue», s'il offre toutes les garanties d'un roman-fleuve,... évoque moins la somme aragonienne du «Monde réel» que quelque pastiche d'Henry Bordeaux - mettons «les Roquevillard» (1906), dont on pourrait reconnaître là tous les vieux thèmes de la tragédie domestique, épelés à la suite comme le ferait un catalogue raisonné de la vertu bourgeoise.

Corrigé par l'ironie bien sûr...


  • La revue de presse Claude Arnaud - Le Point du 6 octobre 2005

... Déjà auteur de plusieurs romans («Les clandestins», prix Jean Freustié 1990, «Anielka», Grand Prix du roman de l'Académie française, 1999), très à l'aise aussi dans l'essai («Aragon, 1897-1982», Fayard), François Taillandier met en scène un architecte en guerre contre la bétonmania dans «Option Paradis», premier tome d'une saga familiale devant en compter cinq. Nicolas Rubien est bien placé pour analyser la dégradation du paysage national : il y a contribué en construisant, pour son ex-beau-père, des bungalows dans le Médoc et des aires de repos sur l'autoroute Metz-Besançon ; sa maîtresse et cousine, Louise Herdouin, anime en outre une agence immobilière en rivalité avec les «Martiens» qui vendent des pans de territoire à d'énigmatiques investisseurs installés à Shanghai. Tout conforte ainsi ses thèses antimodernes sur le déclin d'une nation vendue au plus offrant par ses habitants mêmes : si la fille de Louise part vivre en Israël, c'est attirée par une mystérieuse religion de synthèse dans laquelle il voit une réponse approximative au vide spirituel de notre temps.

La tendance au «En avant comme avant» domine donc l'ouverture de cette saga qui brossera sur cinq générations l'histoire des Herdouin et des Rubien, des marchands de bois de province ayant des alliances aristocratiques et juives. Le pessimisme national s'y nourrit de charges contre le consumérisme ambiant, la divulgation télévisuelle de l'intimité et l'éradication du passé qu'opère le nouvel ordre économique. Tout ce qui appartient au monde d'avant, avec son goût du secret et de l'enracinement, devient objet potentiel de nostalgie... entre un repas de famille et un quasi-inceste, «Option Paradis» règle leur compte aux derniers espoirs qui nous restent.

Comment évoluera cette saga d'une constante vitalité ? Sa force tient à la faculté de recréer le désordre qui voit la vie s'épanouir, puis d'irriguer cette anarchie féconde de sociologie, d'architecture et d'érotisme... Taillandier répondra sans doute dans son prochain tome - lui qui a tout sauf l'âme d'un gardien de musée.


  • La revue de presse Philippe-Jean Catinchi - Le Monde du 7 octobre 2005

Mai 2001. Aux premiers mois d'un nouveau siècle. Dans une propriété cossue aux confins du Sancerrois et de l'Yonne, à Vernery-sur-Arre, Nicolas Rubien et Louise Herdouin abritent leurs amours adultères dans la maison de famille. Cousins germains, ils s'y sont croisés enfants et s'y retrouvent, confrontés à une histoire ancienne, riche et pesante comme certains plats réservés aux tables des jours de fête.

Comme un défi, ils s'y inscrivent à nouveau. En faux face aux mythologies familiales qui tissent les carcans les plus sourds... "Il y avait quelque chose de caché ici, dans ces murs, dans ces pièces, dans le tintement de l'horloge, dans la voix de la grand-mère Gabrielle expliquant qu'elle avait rencontré Mme Unetelle sur le cimetière ; quelque chose de caché dans le gâteau dominical et les objets de piété, dans le son des mots Assomption, ou Toussaint, ou Carême. C'était un univers riche, peuplé de morts, de secrets, de vieilles paperasses et de mots couverts. De morts couverts. De moi couverts." Arrachée au silence des tombeaux, la maison ne livre rien, scellée par le pacte des confessionnaux. Nicolas y songe du reste : "Je trouve ça fascinant, ce meuble qui tient de la penderie, de la vespasienne et du Photomaton... Ce lieu de l'impossible accès à la vérité des grandes personnes. Je me battais les flancs, moi, pour trouver des péchés à confesser ; mais que pouvaient bien dire les grands ? C'était chargé, tout ça, bourré de secrets. C'est là qu'ils déversaient tout ce dont ils ne savaient que faire, les pensées affreuses, les passions, les tourments cachés." Version grande taille et verticale du tiroir dissimulé... dont le romancier seul sait crocheter la serrure.

C'est la tâche que s'est fixée François Taillandier en entreprenant un "roman familial et sociologique" dont Option Paradis est le premier volet... Tissant la trame d'une intrigue qui joue des décennies et des générations avec un redoutable art de l'ellipse, un sens impeccable du raccourci et la pointe acérée d'un aquafortiste virtuose, Taillandier s'affranchit du leurre de la vérité conventionnelle ("La vérité consiste à dire aux gens ce qu'ils peuvent entendre à un moment donné, ce qui leur conviendra, les rassurera. C'est tout ce qu'on peut faire") pour en traquer une autre, essentielle : celle de la survie des morts. "Une façon de voir essentielle, une de ces perspectives sans lesquelles on s'aveugle en croyant s'émanciper. ­- Les morts sont là. Il y a une survie, qui consiste en un effet de persistance et produit une énergie agissante. Comme à travers un songe, ils entendent nos voix." Il y a des morts mal enterrés, tel Staline dont la tombe au sortir du mausolée de la place Rouge est mieux gardée que celle du Christ, conjuration d'un possible retour. Ces morts qui ont encore à dire, Taillandier les écoute, les épie. Et fait des ruines des mirages récents la matière même de sa fresque, aussi forte que stimulante. A suivre.


  • La revue de presse Olivier Le Naire - L'Express du 29 septembre 2005

François Taillandier appartient à cette espèce en voie de disparition : les écrivains discrets. Sans coups de bluff ni coups tordus, il suit depuis vingt ans son chemin singulier, construisant une oeuvre éclectique, originale, qui a fait de lui l'un des meilleurs observateurs de notre réalité contemporaine. Qu'il s'agisse d'un essai sur Borges, du carnet de route de son tour de France (N6) ou de romans inspirés (Des hommes qui s'éloignent ou Anielka), chacun de ses livres tend - directement ou non - un miroir à son époque pour mieux la réfléchir.

La cinquantaine venue, cet admirateur de Balzac affiche une nouvelle ambition en se lançant dans cette saga familiale, où il entend passer en revue l'histoire de cinq générations en cinq volumes. Option paradis, qui inaugure ce cycle romanesque, renoue donc avec l'épopée balzacienne... Option paradis doit aussi son titre à ce «philosophe» anonyme qui traverse le roman en expliquant que la société occidentale a, depuis cinquante ans, vécu sur la promesse d'un paradis permettant d'échapper aux déterminismes anciens...


  • La revue de presse Dominique Guiou - Le Figaro du 1er septembre 2005

François Taillandier n'a peur de rien. Il a abordé tous les genres : le roman psychologique, la grande fresque sociale, le conte philosophique, le reportage, l'essai littéraire, la fable. Il écrit net, sans faire de manières. Il consacre son énergie, depuis plus de vingt ans, à dénoncer les maux de la modernité... l'écrivain nous prend par la main et, sans avoir l'air d'y toucher, à partir d'une histoire qui paraît toute simple, nous entraîne dans une fresque sociale d'envergure. Du présent au passé, d'un personnage à l'autre, il brosse le tableau grand format d'une famille française... Il n'y a aucune histoire dans Option Paradis. Ou plutôt, il y en a une dizaine, autant que les membres de la famille de Louise et Nicolas, dont les destins sont passés en revue, de manière quasi systématique. Parfois, avouons-le, on se perd un peu, mais l'arbre généalogique, publié en fin de volume, permet de retrouver les liens qui unissent les Maudon et les La Ronzière, les Hardoin et les Rubien... L'écrivain a le don de faire exister ses personnages. Il les scrute, les fait parler, sait donner à chacun d'eux une langue propre. Mais il se garde de les mettre complètement à nu, leur laissant une part d'ombre et de mystère. Son art atteint un sommet lorsqu'il s'agit de pointer leur mal-être, le plus souvent diffus... On ne peut qu'être impressionné par l'ambition balzacienne du livre. Le grand Honoré est, ici, doublement à la fête. D'abord, parce que François Taillandier reprend à son compte l'idée, chère à l'auteur de La Comédie humaine, selon laquelle le roman «indique les désastres produits par les changements de moeurs». Ensuite, par le style. L'artiste restitue le réel en ses plus infimes détails. Faut-il rappeler qu'il est l'un des rares écrivains à oser les descriptions ? Un paysage, une rue, un pavillon, un meuble... sont peints avec la même minutie que les sentiments des personnages...


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