Dans le pavillon rouge / Passion du livre

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.. Dans le pavillon rouge

Couverture du livre Dans le pavillon rouge

Auteur : Pauline Chen

Traducteur : Odile Demange

Date de saisie : 10/07/2014

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-2-221-12978-4

GENCOD : 9782221129784

Sorti le : 20/02/2014

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

Un roman est toujours un voyage : un voyage dans l'espace (des régions, des pays inconnus), dans le temps (des siècles disparus) ou dans l'esprit (des mentalités, des civilisations mystérieuses). Dans le Pavillon Rouge nous invite à un triple voyage en nous faisant découvrir l'intimité de la famille d'un haut fonctionnaire chinois au XVIIIe siècle, et plus particulièrement la vie des femmes, jeunes filles, épouses, concubines, servantes, qui vivent en vase clos dans la résidence qui leur est réservée.
Une traduction est toujours une transmission : il s'agit de faire passer un texte d'une langue dans une autre, pour offrir à de nouveaux lecteurs la possibilité d'en tirer du plaisir. Cette fois, la transmission est double, car Pauline Chen, l'auteur, s'est faite truchement, elle aussi, reprenant la trame d'un grand classique de la littérature chinoise, Le Rêve dans le Pavillon Rouge de Cao Xuequin, dont les plus de 3000 pages auraient de quoi rebuter de nombreux lecteurs. Elle en propose une version aérée, allégée et complétée (l'original est en en effet inachevé) dans laquelle deux des protagonistes parviennent, par des voies fort différentes, à échapper au carcan de la société dans laquelle ils vivent.

Odile Demange, la traductrice de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

«Audacieux et inoubliable... la vie quotidienne au coeur du palais de Rongguo, dont la majestueuse façade cache de scandaleux secrets et mensonges.
Chicago Tribune

Chine, 1721. Daiyu, jeune provinciale de dix-sept ans, est accueillie à Pékin, au sein de la famille de sa mère qui vient de mourir. Ayant vécu simplement et sans contraintes, Daiyu est totalement déconcertée par le faste et la rigidité du palais de Rongguo, où elle fait la connaissance de toute la famille Jia, des aristocrates liés à la maison impériale. Sa grand-mère, Dame Jia, règne sur la résidence des femmes où tout le monde, servantes comme concubines, obéit à des règles hiérarchiques strictes. Quand Daiyu tombe amoureuse de l'héritier des Jia, elle s'attire les foudres de la matriarche et réveille certains secrets enfouis. Un meurtre, des amours illicites et un coup d'État après la mort de l'Empereur précipiteront la chute de cette dynastie. Trois femmes inoubliables, Daiyu, Xifeng et Baochai tenteront, chacune à leur manière, de façonner leur destinée.

Pauline Chen donne une nouvelle vie à un classique de la littérature chinoise du xvi i il siècle, Le Rêve dans le pavillon rouge, de Cao Xueqin.

«Une vraie merveille littéraire, un récit épique et pourtant intime d'intrigues de palais et de tumultes politiques, éblouissant à chaque page.»
Julie Otsuka

Fille d'Américano-Taïwanais, Pauline Chen a fait ses études aux États-Unis. Elle a enseigné la langue, la littérature et le cinéma chinois à Oberlin Collège et à l'université du Minnesota. Dans le Pavillon rouge est son premier roman.





  • Les premières lignes

Lin Daiyu pile des noyaux d'abricots et des graines de sésame noir dans un mortier de marbre. Elle fait glisser le remède dans une jatte de nids d'oiseaux à l'étuvée et mélange le tout avec une cuiller de porcelaine, puis s'approche avec le récipient du lit de sa mère, près de la fenêtre. Adossée aux traversins, la mère de Daiyu boit sa potion à petites gorgées, en faisant une légère grimace. Daiyu la surveille attentivement, comme si sa vigilance pouvait renforcer l'efficacité du médicament.
Mme Lin s'allonge, épuisée par ce simple effort. «Daiyu, murmure-t-elle d'une voix presque inaudible.
- Oui ?
- Je voudrais te montrer quelque chose.
- Quoi donc ?
- Va voir au fond de ma vieille malle.»
Daiyu s'agenouille devant la penderie et ouvre le coffre délabré dans lequel la famille range ses vêtements d'hiver. Elle écarte les piles volumineuses de pantalons ouatinés et de vestes piquées et trouve un paquet plat emballé dans une étoffe de brocart pourpre.
«Oui, c'est ça. Apporte-le-moi.»
Les doigts décharnés de sa mère se débattent avec le noeud et Daiyu se penche pour l'aider, découvrant deux écrins. Mme Lin ouvre le premier qui contient un collier d'or rougeâtre en forme de dragon lové. L'autre recèle une tiare en or, figurant des phénix d'or en vol aux becs reliés par une rangée de perles en feston.
«Ils viennent de votre dot, n'est-ce pas ?»
Mme Lin semble ne pas avoir entendu la question. «Aide-moi à me redresser», dit-elle.
Daiyu grimpe sur le lit et remet les oreillers en place pour permettre à sa mère de s'asseoir. Celle-ci pose la tiare sur ses cheveux emmêlés. «Apporte-moi un miroir.»
A contrecoeur, Daiyu va chercher celui qui est posé sur la coiffeuse. Appuyée aux coussins, sa mère incline la minuscule glace à main d'arrière en avant, capturant sur la surface lisse de vagues reflets de son visage. «Si tu m'avais vue autrefois ! J'étais d'une telle élégance ! Rien n'était assez beau pour moi. Crois-moi, je n'aurais jamais touché, et encore moins porté, des soieries aussi ordinaires que celles-ci.» Ses doigts se referment sur le tissu usé couleur de miel de sa robe. «Elles étaient toutes fabriquées au Palais par les Tisserands impériaux. Nos servantes elles-mêmes ne portaient pas d'étoffes aussi grossières !»
La mère de Daiyu rit tout bas, comme étonnée de se rappeler la jeune femme qu'elle a été.
«J'adorais les belles choses et mes parents me gâtaient. Ils me donnaient tout ce que je voulais. Mon frère aîné, Jing, n'y voyait rien à redire mais le cadet, Zheng, était fou de jalousie.»
Daiyu s'assied aux pieds de sa mère, observant les expressions changeantes jouer sur son visage.
«Je me souviens d'un Nouvel An, du vivant de notre grand-père, le premier duc de Rongguo. Il nous avait invités à écrire en vers des devinettes de lanternes. Quand il a lu nos trois petits poèmes, il s'est écrié que c'était grand dommage que je ne sois pas un garçon, car j'aurais assurément apporté la gloire aux Jia si j'avais été autorisée à me présenter aux Examens de la fonction publique.»
Daiyu hoche la tête. Sa mère a toujours aimé la poésie et lui a appris les règles de la prosodie et de la versification dès qu'elle a su lire.


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