Journal de Joséphine B., impératrice / Passion du livre

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.. Journal de Joséphine B., impératrice

Couverture du livre Journal de Joséphine B., impératrice

Auteur : Philippe Séguy

Date de saisie : 17/06/2014

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 22.00 €

ISBN : 978-2-08-130667-7

GENCOD : 9782081306677

Sorti le : 30/04/2014

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  • La dédicace de l'auteur

J'ai tenté un pari. J'ai écrit à la première personne la vie d'une impératrice, Joséphine. Me mettre dans sa peau, dans son coeur, dans sa vie. Dire comment elle a aimé, souffert, connu le pouvoir et la chute. Comment vivre quand tous les regards sont sur vous. Quand l'amitié, la sincérité ne sont plus pour vous. J'ai aussi voulu ressusciter une époque, des époques, du Directoire à la fin de l'Empire, à l'heure où la France est la première puissance de l'Europe. Enviée, jalousée, imitée, reconnue. Joséphine est la super star qui lance les modes, mécène les artistes, construit un style de vie, charme, et rend plus tendre. Assurément, Joséphine ou la passion amoureuse.

Philippe Séguy



  • La présentation de l'éditeur

«Je m'appelais Joséphine, impératrice des Français. J'ai séduit un homme au pouvoir absolu, Napoléon. Grâce à lui, ma vie fut exceptionnelle, entre politique et intrigues, secrets et ambitions, conquêtes et gloire. Je suis devenue la Première dame d'Europe. Mais au prix de combien de souffrances, attaques, calomnies, désillusions, trahisons aussi ?
J'ai certes protégé mes amis et les arts. J'ai bien sûr inspiré l'amour, me suis éblouie de plaisirs. J'ai recherché la tendresse et le parfum des roses, connu les larmes et le vertige, perdu des fortunes ; le tout sans regret. Mais cela, et le caché, le dissimulé aux yeux du monde, des Bonaparte, des Anglais, comment parvenir à l'exprimer ?
Alors, j'ai écrit mon journal. Un texte intime où je dévoile tout, et même l'inconnu, l'inédit. En le lisant, peut-être un jour saura-t-on combien j'ai aidé, influencé, et surtout aimé.» Nourrie de désirs et de sensualité, femme de lumière et d'ombres, l'impératrice Joséphine se raconte, sans pudeur. Moderne et libre.

Philippe Séguy, journaliste et historien, a déjà publié de nombreuses biographies et romans.





  • Les premières lignes

Extrait du prologue

29 mai 1814

Elle a cessé de vivre et je suis seul et triste.
J'ai regardé le ciel au travers de ma main, le soleil aigu perce les frondaisons du parc, l'air a la tiédeur d'un sous-bois et des senteurs d'anis, l'été qui s'annonce gorge les feuilles vertes de suc.
Elle n'est plus, depuis ce midi.
Oh, ne plus voir ce sourire briller dans son regard pailleté d'automne, ne plus l'entendre murmurer mon prénom en appuyant sur la dernière syllabe, écho tendre et qui touchait à coeur ! Ne plus sentir son odeur, au creux de son poignet, à chacun de ses pas, légère, ailleurs, déjà.
J'ai marché, la maison dans mon dos et sa double porte close comme une paupière, je me suis assis sur le banc qu'elle aimait, non loin de la pièce d'eau où voguent les cygnes noirs, souples, indifférents.
Les yeux à mes bottes, posées sur le gravier blanc, je me suis souvenu de notre première rencontre, dans cette prison des Carmes où la folie de la terreur révolutionnaire nous avait jetés, tous les deux. Comme nous avions peur alors de la mort qui guettait à chaque heure. Comme elle fit preuve de courage, soutenant sans cesse le très jeune homme que j'étais.
Nous attendions un miracle, il vint. Nous sommes sortis vivants de cet enfer. Son amitié, son soutien ne m'ont jamais fait défaut. Son étoile a grandi, encore, encore. Elle a brillé au firmament des princes. Rose de Beauharnais devenait Joséphine. L'impératrice et la reine des Français.
Je la voyais moins. Je la voyais toujours. Elle me donnait audience désormais, chaque jeudi, mais aussitôt abrégeait mon salut, me disait : «Bonjour, Monsieur Reverdin, comment allez-vous ce matin ?» D'un geste, elle indiquait le fauteuil, inclinait la tête, poussait la tasse de café pleine et fumante vers moi, ajoutait elle-même le sucre et la crème, bousculait l'une de mes mèches et sa voix chantante comme une source me recouvrait de ses charmes de fée.
Joséphine, ce nom si tendre, répété tant de fois par un empereur, l'homme le plus absolu du siècle, le plus fort et puissant jusqu'à ces derniers mois.
Déjà, voici deux semaines, elle ne cachait plus ses larmes, épuisée heure par heure par les nouvelles mauvaises, angoissée par les défaites de nos armées face à la coalition des alliés, Autriche, Russie, Angleterre, Espagne, tous ces peuples soumis et aujourd'hui ennemis acharnés. La France est vaincue. Napoléon Ier part pour l'exil.
Mon impératrice n'aura pas vu la débâcle et la fin de son monde, c'est la seule joie que je conserve.
Neuf jours avant sa mort, elle me fit venir dans sa chambre. Elle me parla de moi, de ma peinture, de mes succès au Salon, de mon père, de ma vie.
J'allais me retirer, la voyant plus lasse encore que d'habitude. Soudain, elle désigna dans un sourire un bonheur-du-jour, masqué à demi par une tenture de soie. Je me levai, ouvris l'abattant, et remarquai huit carnets reliés d'un cuir banal et rouge, posés en une seule pile. J'en feuilletai un, au hasard, il était plein de son écriture violette. Je relevai le visage, j'avouai ma surprise. Elle sourit encore. Ajouta : «Voilà l'histoire de ma vie, Stanislas, je vous la confie, vous en ferez ce que vous voudrez.» Elle continuait à me regarder, confiante, sûre d'elle et de son choix.


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