Avons-nous assez navigué / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Avons-nous assez navigué

Couverture du livre Avons-nous assez navigué

Auteur : Dominique Schneidre

Date de saisie : 07/07/2014

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Lattès, Paris, France

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-7096-4662-8

GENCOD : 9782709646628

Sorti le : 30/04/2014

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

Sait-on jamais ce qu'il y a dans la tête des autres ? J'ai construit ce roman comme on fait des ricochets, trois rebonds de personnages, ou quatre si on ajoute le mien.
Lors d'une représentation d'Eugène Oneguine à l'opéra Garnier, Viviane Rivet retrouve par hasard un amour de jeunesse. Le spectacle et son imagination se confondent. La narratrice est la meilleure amie de Viviane ; elle rapporte ce que Viviane pense de ce fameux Antoine, ou plutôt sa version de ce que Viviane lui raconte. Comme chacun de nous, elle remplit les vides, pioche dans les éléments de son histoire, le plus souvent à son insu. On vit donc entre le fantasme et la nostalgie, c'est ce qu'on appelle le présent, qui est en fait une façon d'aller rechercher dans le passé de quoi justifier son action au nom de ce qu'on imagine de l'avenir.
Mais combien y-a-t-il de vérités et que se passe-t-il quand elles se télescopent ?

Dominique Schneidre



  • La présentation de l'éditeur

Il y a plusieurs façons d'éliminer quelqu'un. Elle avait choisi la méthode douce, moins sûre que d'autres et moins expéditive. Elle avait choisi l'oubli. Choisir n'est probablement pas le bon verbe, car elle n'avait ni réfléchi ni décidé. Cette négligence a son revers : si on a oublié quelqu'un, on ne sait pas qu'on l'a oublié. C'est l'efficacité sans le plaisir. Encore faut-il en rester là.

D. S.

Dominique Schneidre est notamment l'auteur de Atteinte à la mémoire des morts et de Ce qu'en dit James. Avec Avons-nous assez navigué, elle explore les variations et la fragilité des vies que nous nous inventons.

Que faire d'un homme qu'on rencontre par hasard après une brouille de trente ans ?





  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, juin 2014

Peut-on rattraper le passé ? Comprend-on vraiment l'autre, aussi proche soit-il ? Et se comprend-on soi-même ? A chacun sa lecture (optimiste ou pessimiste) de ce roman délicat de Dominique Schneidre.


  • La revue de presse Laëtitia Favro - Le Journal du Dimanche du 26 mai 2014

Sous ses airs de bluette, ce roman mêle la fraîcheur du conte à l'introspection du journal intime, doublées de quelques questions métaphysiques auxquelles l'auteur n'entend nullement apporter de réponse...
Roman audacieux sans sombrer dans la présomption, Avons-nous assez navigué parlera à toutes les générations de lecteurs qui, comme Viviane, ne peuvent se résoudre à l'obsolescence que l'âge et la société semblent programmer, et parcourront avec bonheur ce récit d'une touchante sincérité.



  • Les premières lignes

Mardi soir

Il y a plusieurs façons d'éliminer quelqu'un. Elle avait choisi la méthode douce, moins sûre que d'autres et moins expéditive. Elle avait choisi l'oubli. Choisir n'est probablement pas le bon verbe, car elle n'avait ni réfléchi ni décidé. Cette négligence a son revers : si on a oublié quelqu'un, on ne sait pas qu'on l'a oublié. C'est l'efficacité sans le plaisir. Encore faut-il en rester là.

La petite femme pressée - silhouette à la Jean Béraud - qui court dans les flaques de peur d'arriver en retard à l'opéra Garnier se trompe. Elle imagine qu'elle va passer une merveilleuse soirée à voir enfin cet Eugène Onéguine, mis en scène par Dmitri Tcherniakov, avec l'orchestre, les solistes et le choeur du Bolchoï. Un des rares opéras dont le livret vaut la musique, dit-elle. Le prestige du Bolchoï lui a fait prendre sa place le jour même où la réservation a été ouverte. Elle a ses habitudes au premier rang des deuxièmes loges de face. La veille encore, elle écoutait l'enregistrement de Solti, son préféré. Plus tard, il lui sera facile de se dire qu'elle aurait mieux fait de rester auprès de ses petits-enfants ce soir-là à attendre paisiblement le retour de son fils ou de sa bru. Voilà donc, pour personnage principal, une femme, plus toute jeune comme on dit, qui se réjouit à tort. Le metteur en scène, les chanteurs et le chef n'y peuvent rien, Eugène Onéguine non plus, ou plutôt si : que Pouchkine et Tchaïkovski endossent leur part de responsabilité ! Werther a provoqué bien des suicides, Onéguine peut assumer quelques émois.
En fin d'après-midi, elle est donc passée embrasser ses petits-enfants, les faire goûter et jouer avec eux. Elle regarde sa montre à plusieurs reprises, inquiète comme on l'est dans ces cas-là (c'est une femme ponctuelle), anticipant l'attente de l'autobus, les embouteillages, la pluie qui les aggrave, avant d'abandonner sa petite-fille à son rhume, à son frère aîné et à une jeune fille au pair. Maman rentre bientôt, ma chérie, Géraldine va te lire une histoire. Hector, je dois partir, tu ne veux pas venir jouer avec ta soeur, s'il te plaît ? Elle tâte le front d'Olympe qui est délicieusement tiède : tu n'as pas de fièvre, mon trésor. Elle récupère son écharpe que la petite a roulée en boule et mouillée de ses larmes, les embrasse et dénoue les bras autour de son cou. À bientôt mes chéris. Elle ne peut pas les voir sans émotion, ni les quitter sans déchirement. Du moins, c'est ce qu'elle éprouve dans l'instant car sa mauvaise conscience à les abandonner s'évanouira en arrivant à l'opéra, comme s'efface l'inquiétude suscitée par un voyage d'agrément (j'ai trop à faire, ce n'est pas le moment, j'aurais mieux fait de rester chez moi, ai-je baissé le chauffage, qu'ai-je donc oublié ?) dès qu'on atteint l'aéroport.

Quand elle entre dans le hall, la deuxième sonnerie se déclenche. À peine le temps d'acheter le programme et il lui faut gagner au plus vite sa place que lui indique l'ouvreuse : après le monsieur et les deux dames. Pardon, excusez-moi...


Copyright : Studio 108 2004-2019 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli