L'invité du soir / Passion du livre

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.. L'invité du soir

Couverture du livre L'invité du soir

Auteur : Fiona McFarlane

Traducteur : Carine Chichereau

Date de saisie : 17/06/2014

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782823601664

GENCOD : 9782823601664

Sorti le : 02/05/2014

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  • La dédicace de l'auteur

Quel est ce mystérieux invité du soir ? Est-ce le tigre qui hante les pensées de Ruth, la nuit, dans cet entre chien et loup du sommeil où elle perd ses repères, où sa conscience du réel vacille, où présent et passé se rejoignent en une espèce de symbiose délicieuse ? Ou bien s'agit-il de Frida, cette aide-ménagère du gouvernement tombée du ciel un matin devant sa porte, qui vient miraculeusement régler tous ses problèmes ? Au soir d'une vie trop bien rangée, la solitude de Ruth s'ouvre peu à peu à cette femme étrange, en tous points son opposée. Elle se laisse séduire et soumettre par son efficacité, ses attentions, malgré sa brusquerie, malgré l'ombre énigmatique de George, le frère de Frida, qui rôde autour de la maison.
Huis-clos inquiétant, choc social, portrait de deux destins de femmes, interrogation sur les ressorts de la domination, et finalement fable troublante sur les abîmes de la société moderne, L'invité du soir est un livre qui se découvre peu à peu et offre plus d'un axe de lecture. Qui dit la vérité ? Qui ment ? Et qui l'emportera à la fin ? L'énigme du duo Ruth et Frida ne laisse pas de nous interroger.

Carine Chichereau, traductrice de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

«Ruth s'est réveillée à quatre heures du matin et son cerveau endormi lui a murmuré : "Tigre".»
Ruth Fields a 75 ans et vit seule avec ses chats, dans une maison isolée de la côte australienne. Sa santé décline, mais elle tient à son indépendance. La vie s'écoule lentement, bercée par le rythme des vagues et le bruit du vent. Mais certaines nuits, Ruth entend un tigre rugir dans son salon. Est-elle en train de perdre la tête ? Ou est-ce une manigance de Frida, l'aide-ménagère depuis peu à son service ? À mesure que surgissent de troublants détails, chacune des deux femmes va s'accuser d'être une menace pour l'autre, et l'on ne sait à qui se fier. Tout cela finira mal, c'est certain.
L'Invité du soir est un huis-clos à l'ambiance hitchcockienne, où «l'inquiétante étrangeté» règne en maître. Au fil d'un suspens implacable, Fiona McFarlane esquisse un émouvant portrait du dernier âge de la vie, et interroge l'origine de nos peurs.

Fiona McFarlane vit à Sydney. L'Invité du soir est son premier roman. Acclamé par la critique, classé parmi les meilleurs livres de l'année 2013, il est traduit dans le monde entier.

«Un roman psychologique extraordinaire, subtil et intense, dont chaque phrase nous conduit vers un incroyable dénouement.»
Kevin Powers, auteur de Yellow Birds.





  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 28 mai 2014

Ils ne sont pas si nombreux, les écrivains qui s'intéressent aux désarrois des vieilles femmes esseulées, à leur mémoire en friche, à leur coeur désabusé...
Alors que se balade dans la tête de Ruth une bête de jungle aussi fantasmée que chez Henry James, Fiona McFarlane décrit à travers son intrigue cousue de fil blanc l'isolement qui rend fou, la retraite qui assassine. Terrible, implacable, avec le sens des phrases qui tuent. Plus sûrement que les armes.



  • Les premières lignes

Ruth s'est réveillée à quatre heures du matin et son cerveau endormi lui a murmuré : «Tigre.» C'est normal; elle rêvait. Mais il y avait des bruits dans la maison, et plus elle reprenait ses esprits, mieux elle les entendait. Ça venait du salon, à travers le couloir. Quelque chose de massif se frottait contre son canapé, sa télévision et, sans doute, a-t-elle pensé, contre le fauteuil inclinable couleur farine, déguisé en fauteuil club. D'autres sons ont suivi : le souffle, le halètement d'un gros animal ; une respiration vibrante, suggérant la masse, l'intention ; à bien écouter, c'était un mammifère, c'était sûr, un félin, sans hésitation, comme si ses chats avaient grandi et qu'ils cherchaient leur pitance en flairant partout de leur énorme museau. Seulement les chats étaient en boule, au bout du lit de Ruth, il y avait donc autre chose.
Alors elle est restée aux aguets, sans bouger. Parfois, le silence revenait, et elle n'entendait plus que la clameur idiote de son sang qui battait. A d'autres moments, elle distinguait un gémissement rauque, lointain, suivi d'un reniflement exploratoire. Les chats ont à leur tour été tirés de leur sommeil, ils ont ouvert leurs yeux observateurs et puis, quand la chose qui se trouvait dans le salon a poussé un soupir sonore, ils ont détalé dans le couloir, fous de terreur, jusqu'à la cuisine, pour sortir par la porte de derrière entrebâillée. Ce brouhaha soudain a déclenché un rugissement étranglé dans le salon, suivi d'un flairement plus fort, ce qui montrait bien que l'intrus était un tigre. Ruth en avait vu un, naguère, dans un zoo en Allemagne, à l'heure où on le nourrissait, et il mangeait comme ça : avec un bruit humide accompagné d'une respiration grondante, rauque et gutturale, ponctuée de petits glapissements de mise en garde, comme s'il était prêt à rugir à tout instant. Oui, c'était exactement ça, un tigre se repaissant d'une grosse masse sanguinolente, et pourtant le bruit qu'elle distinguait, là, semblait vide et sans chair. Un tigre ! Excitée par cette idée, Ruth a oublié d'avoir peur et elle a dû se raisonner pour éprouver un regain de crainte. Le fauve a feulé de nouveau, un soufflement rugueux, épais de bave. Puis il s'est retourné sur ses grosses pattes, comme s'il s'installait.
D'une main courageuse, elle s'est lancée à tâtons dans l'obscurité à la recherche du téléphone sur la table de chevet et a appuyé sur le bouton pour appeler Jeffrey, qui, en homme raisonnable, devait dormir dans son lit en Nouvelle-Zélande. La ligne s'est mise à sonner ; Ruth n'a éprouvé aucun remords lorsque son fils a décroché, un grésillement dans la gorge.
«J'entends des bruits», a-t-elle dit d'une voix basse, pleine d'urgence - le genre de ton qu'elle employait rarement avec lui.
«Qu'est-ce qu'il y a, maman ?» Réveil accidenté. Sa femme aussi, tirée de son sommeil ; se retournant dans le lit, inquiète, pour allumer la lumière.
«J'entends un tigre, il ne rugit pas, non, il grogne et il halète. C'est comme s'il mangeait et qu'il se concentrait avec une grande intensité.» Elle savait par conséquent qu'il s'agissait d'un mâle, ce qui la rassurait ; une femelle lui aurait paru encore plus menaçante.
La voix de Jeffrey s'est durcie :
«Mais quelle heure est-il ?
- Écoute», a lancé Ruth. Elle a brandi le combiné loin d'elle, dans la nuit, mais elle craignait pour son bras, aussi l'a-t-elle ramené à elle. «Tu as entendu ?
- Non. Ce sont les chats ?
- C'est bien plus gros qu'un chat.


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