Bijou : vie, mort et résurrection d'un groupe passion / Passion du livre

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Couverture du livre Bijou : vie, mort et résurrection d'un groupe passion

Auteur : Jean-François Jacq

Préface : Laurent Chalumeau

Date de saisie : 26/06/2014

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : L'Harmattan, Paris, France

Collection : L'écarlate

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-336-30121-1

GENCOD : 9782336301211

Sorti le : 05/04/2014

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

1977. J'ai treize ans. A en mourir d'ennui. Parallèlement à mon goût prononcé pour l'écriture, mon sauf-conduit, la musique vient me bouleverser les tempes. Explosion punk et énergie. Un miracle. Je n'attends plus qu'une seule chose : qu'un groupe français reprenne le flambeau. La langue française alliée au rock. Et ce sera Bijou. Fondement viscérale de ces retrouvailles, bien avant que ne sonne Téléphone. Bijou. Groupe précurseur de cet âge d'or du rock français (1977-1983) ayant rouvert en grand les portes. J'ai tant aimé, plutôt que de me référer à leur cadet de Téléphone, m'en remettre à ce combo dégageant une classe indéniable, le tout ne se contentant pas de sonner comme un sous Stones à la française, mais se révélant à même d'élargir mon horizon tant cette formation s'est avérée excessivement référentielle. Bijou, sans qui Gainsbourg ne serait jamais remonté sur scène, etc. Ma passion pour ce groupe, pour cette époque, ces vibrations, suintent à travers pages de cette première biographie qui leur est enfin consacrée, s'agissant, en ce qui me concerne, de remettre les pendules à l'heure ; et dévoiler ainsi tout un pan oublié de cet âge du rock français. L'importance de Bijou - six albums et bon nombre de singles au compteur - n'ayant jamais privilégié leur carrière, mais ayant décidé sincèrement, intensément - dès le premier jour et ce, jusqu'à leur séparation - d'écrire leur (prodigieuse) histoire.

Jean-François Jacq



  • La présentation de l'éditeur

Que reste-t-il de Bijou quarante ans après ? Des disques et c'est le principal, même si aujourd'hui plus personne ne les écoute. Mais heureusement, grâce à YouTube, on peut en quelques clics comprendre de quoi on va parler.
Bijou était un groupe de rock français, les premiers à oser des reprises alors que leurs contemporains, Joe Strummer et Johnny Rotten en tête, prétendaient faire table rase du passé.
Bijou donc, un groupe apparu en plein tourbillon punk, forcément assimilé mais avec une identité bien plus forte. Une sorte d'éternel hommage aux sixties, des Chaussettes noires qui auraient grandi et se seraient musclées, ne refusant pas une touche de modernité.
Du rock en français coincé entre la vague pop du début des années 70, cheveux longs et divagations prétentieuses, et la vague alterno des années Mitterrand, le rock comme une révolution prolétaire... Bijou semblait hors du temps. Effrontés mais fiers, car ils jouaient un rock éternel. Ils n'avaient d'autre envie que de mettre le feu. Dotés d'une énergie folle ils y parvinrent. Peut-être pas pleinement si on parle de compte en banque et du nombre de Cadillac garées devant la villa mais, aux yeux des amateurs, ils restent une référence absolue. Un groupe auquel on ne touche plus et dont les titres restent gravés dans le marbre : «OK Carole», «Le Kid», «Rock à la radio», «Betty Jane Rose»...
Jean-François Jacq est un fan, il nous raconte ici son groupe fétiche, et la meilleure chose, c'est que ça donne une putain d'envie de les réécouter. Ou de les découvrir, pour ceux qui seraient passés à côté.
Sur disques, car c'est toujours plus agréable et parce que surtout ils sont chargés d'histoires. La preuve, ce livre existe, il nous les raconte.

CHRISTIAN EUDELINE

Jean-François Jacq, né en 1964, est un enfant de la rue au parcours des plus chaotiques : internement psychiatrique par erreur à 14 ans, suivi d'une longue période de paralysie suite à une maladie rare (Guillain Barré). S'en suivent plusieurs années passées à la rue. Des événements qu'il relate dans son premier livre, Heurt limite, ainsi qu'en 2012 dans Hémorragie à l'errance. Son intérêt pour le rock français fait qu'il publie, en 2012, Le soleil noir du rock français, dédié à Lili Drop et à son chanteur (et ami) Olive, puis en 2014 une biographie consacrée au groupe Bijou.





  • Les premières lignes

Banlieue sud. L'action se déroule dans un périmètre de cinq kilomètres, entre Juvisy-sur-Orge - ville natale de Jean Thoury, futur parolier, manager, producteur, chauffeur, homme à tout faire, éminence grise de Bijou - et la commune de Morsang-sur-Orge où les parents de Jean-Louis Palmer, futur chanteur et guitariste de Bijou, vivent dans une zone pavillonnaire. La situation se resserre à Savigny-sur-Orge, commune située entre Morsang et Juvisy, au coeur de la cité de Grand-Vaux où réside la famille de Philippe Dauga, futur chanteur-bassiste de Bijou. Quant au milieu d'où ils viennent, et selon les mots rapportés dans une interview accordée en 1978 à Rock & Folk, ils se situent les uns et les autres dans la frange de la toute, toute petite bourgeoisie :

«Ou le haut du prolétariat, au choix.»
En ce début des années 1960, la capitale, pourtant située à une vingtaine de kilomètres, s'avère résolument inaccessible. Les Parisiens ne viennent pas en banlieue. Quant à l'inverse, il ne se produit guère pour la majeure partie de la population. La banlieue des protagonistes de Bijou - hormis Joël Yan, futur batteur du groupe, originaire de Paris - s'apparente à un mastodonte qui ne s'appelle pas encore l'Essonne, mais la Seine-et-Oise (regroupement de plusieurs départements de la région parisienne, supprimé le 1er janvier 1968). On ne parle pas encore de chômage, les usines tournent à plein régime, les logements ont été partiellement construits pour une partie des travailleurs même si, au milieu des années 1960, on dénombre 1 000 000 personnes, majoritairement immigrées, s'entassant dans la centaine de bidonvilles éparpillés dans la région parisienne.
La banlieue représente donc déjà en soi, pour la jeunesse, une inévitable forme d'ennui. La musique s'avère la seule et unique échappatoire. Tous les lieux où elle est présente, audible, sont autant de points de ralliement : fêtes foraines, bals, bars, cinémas, MJC ainsi que les caves, lieux de prédilection voués aux répétitions.
Pour Philippe Dauga, né le 9 novembre 1949 à Cosne-sur-Loire et dont la famille s'installe peu après sa naissance en banlieue sud, c'est vers l'âge de dix ans qu'il commence à gratter sur une guitare sèche. Un vieil instrument sur lequel il s'amuse. En 1960, il reçoit des mains de son père son tout premier disque. «Apache». Un instrumental, enregistré durant l'été par le groupe anglais les Shadows, inspiré du western Bronco Apache, de Jean Peters, sorti sur les écrans en 1954.
Son premier véritable choc musical, il le doit à Johnny Hallyday et à son «Kili Watch», gravé en novembre 1960 dans le quatrième EP du chanteur, jetant le trouble dans une France le considérant alors comme un ovni. Hormis Johnny, ses idoles ont pour noms Jacques Dutronc et un peu plus tard Nino Ferrer. Il fait partie de ces nombreux jeunes se branchant chaque jour de la semaine, entre 17 et 19 heures, sur Europe n° 1, pour écouter Salut les copains.
La télévision, que l'on retrouve dans 50 % des foyers au milieu des années 1960, trône dans le salon et représente le lieu de rendez-vous familial autour duquel il faut faire silence. La jeunesse de France se cherche une issue de secours et la trouve enfin via le transistor portable, dont le leader est Pizon Bros, permettant aux jeunes de s'isoler dans leurs chambres et de se retrouver autour d'un phénomène culturel. H n'est alors pas étonnant de constater qu'entre 1958 et 1961 les ventes de cet objet sont passées de 260 000 à 2 215 000.

(...)


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