Toute la meute / Passion du livre

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.. Toute la meute

Couverture du livre Toute la meute

Auteur : Robert Piccamiglio

Date de saisie : 18/04/2014

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Apogée, Rennes, France

Collection : Piqué d'étoiles

Prix : 15.00 €

ISBN : 9782843984440

GENCOD : 9782843984440

Sorti le : 22/01/2014

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  • La dédicace de l'auteur

Je navigue en pure perte entre l'usine... Les femmes... Le désir... Le vide... La solitude... La mort... L'usine c'est presque un havre de paix... Étrange non ? Les femmes un havre de solitude... L'usine le week-end parce qu'il faut bien manger et se nourrir et participer à la grande marche du monde industriel... Les femmes la semaine parce qu'il faut bien se donner le sentiment qu'on est bien au monde... Vivant... Bandant et ricanant... Qu'on existe envers et contre tout... En essayant d'échapper à la meute qui est partout... Qui me poursuit... Qui voudrait bien m'étouffer entre ses bras tentaculaires... Mais tout ça n'est peut-être qu'illusoire... On n'échappe à rien dans le fond... Ni à la solitude... Ni à la mort... C'est connu... Reconnu... Accepté.

Robert Piccamiglio



  • La présentation de l'éditeur

Toute la meute : autrement dit la foule compacte, le troupeau sanguinaire au sein duquel on peut si facilement se laisser aspirer, enfermer. C'est la hantise de celui que l'on suit ici et qui tente d'y échapper à sa façon. Dehors, dans les rues de la Petite Venise, ou le long du quai des Cordeliers, il marche à la recherche de la perle rare, l'impossible quête, la femme qui pourra porter dans la profondeur de son regard tout le bleu sentimental des océans et dans sa voix le plus beau des chants de sirène, prête à l'entraîner dans les grands fonds marins sans espoir de retour.
Le narrateur de Toute la meute n'est qu'un homme ordinaire. Il occupe son temps entre l'usine et les femmes à travers lesquelles il tente désespérément de trouver un sens à sa vie. Mais en existe-il seulement un ? Casanova de foire, Don Juan de pacotille, il se présente pathétique et dérisoire en fanfaron de première classe.

Né en 1949 de parents italiens et naturalisé français dix ans plus tard, Robert Piccamiglio a débuté comme manoeuvre dans le bâtiment avant de travailler en usine. En parallèle il poésie et du roman, notamment avec Chroniques des années d'usine (Albin Michel, 1999 et Pocket, 2002), La Valse dans le noir (Albin Michel, 2002) et Des bastringues, des fanfares (Le Rocher, 2007).





  • Les premières lignes

«Il est vilain. Il n'ira pas au paradis celui qui décède sans avoir réglé tous ses comptes.»
Louis-Ferdinand Céline

Elle dit ne pas aimer la petite musique ni le message sur le répondeur téléphonique. Combiné noir avec des chiffres. Des lettres. Du vide. Ce n'est pas un message de bienvenue. Waltzinblack. Premières mesures entêtantes d'un morceau des Stranglers. La musique est à l'image de l'éternité. La même saveur. Mais on en connaît rien nous autres ici-bas à l'éternité. Men in Black titre l'album. Une belle pochette. Du noir et blanc. À l'intérieur une reproduction de la Cène du dernier repas. Une grande table. Le Christ. Les douze apôtres. Judas. L'oeil torve. De quoi boire. Manger. Mourir. Ou espérer. Mais quoi ? Au téléphone on se fixe rendez-vous pour le lendemain matin à la terrasse d'une brasserie. Elle porte un nom précieux au goût nostalgique : À l'Air du temps. Le temps lui a passé. Coquin de mauvais sort. C'est l'âge qui pointe en sourdine. Sans tambours ni trompettes. Personne pour diriger l'orchestre. Jouer de la baguette. Ouvrir la marche de la clique. Aucune majorette au petit cul serré dans un short argenté pour nous accompagner. Vingt ans sont partis en vadrouille. Se sont perdus dans la grande marche du temps qui passe. A passé. Bouffés tout cru sur pieds. Un beau morceau de vie envolé. Disparu. Effacé. Barbaque de seconde zone. De premier ou de dernier choix. Ça change quoi ? Sacré convoi nos vies. Sacrée déglingue.
En fin de course un enterrement de première ou de deuxième classe, comme dans les trains. Riches ou pauvres, la chanson est la même pour tous. Refrain. Désuète mélodie. Elle m'ensorcelle. Waltzinblack. Toujours la même rengaine qui se dérobe. Me taraude l'esprit. En rafales. La même histoire. La mère, morte aujourd'hui pourrait nous dire : il y a une justice en ce bas monde. Égale pour tous. La justice. Riche ou pauvre, la même destination. La boîte en chêne. Les scellés. La plaque en laiton. Gravé dessus un nom. Un prénom. Deux dates. Naissance. Mort. Tout ce qui reste d'une vie. C'est peu. Puis la descente au fond du trou. Les larmes. Retour au parking. Les discussions. Parler. Parler. De la pluie. Du beau temps. On a pas encore appris à se taire. Désespérant. La famille. Les vieux sentiments du passé. Serrements de mains. Embrassades. La chaleur. Sale atmosphère. Tout ce foutu soleil, le traître, ne nous ménage pas. Il cogne avec méthode et application au-dessus de nos têtes. C'était il y a longtemps. L'enterrement du père. En juin. Le jour de la Saint-Jean. L'année ? Je ne m'en souviens jamais.
Au téléphone elle ajoute :
- Je risque d'être en retard.


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