Traité succinct de l'art involontaire / Passion du livre

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.. Traité succinct de l'art involontaire

Couverture du livre Traité succinct de l'art involontaire

Auteur : Gilles Clément

Illustrateur : Gilles Clément

Date de saisie : 02/04/2014

Genre : Arts

Editeur : Sens & Tonka, Paris, France

Prix : 14.50 €

ISBN : 978-2-84534-235-4

GENCOD : 9782845342354

Sorti le : 17/03/2014

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Deuxième édition revue et augmentée

"Pour oui veut bien regarder, tout fait art. La nature, la ville, l'homme, le paysage, l'air du temps, ce qu'on appelle humeur et sur toute chose enfin, la lumière. Par ailleurs, chacun connaît l'art des artistes, celui qui porte signature. Peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs etc. sont convoqués sur la question de l'art à propos de laquelle, on le sait, il y a toujours beaucoup à dire. Il existe cependant une plage indéfinie où se croisent le champ brut de la nature - les circonstances - et le territoire authentifié de l'homme. Ce terrain de rencontre produit des figures à la fois éloignées et proches de l'art suivant les définitions que l'on en donne. Pour ma part je considère comme art involontaire le résultat heureux d'une combinaison imprévue de situations ou d'objets organisés entre eux selon des règles d'harmonie dictées par le hasard."

Gilles Clément, né le 6 octobre 1943 à Argenton-sur-Creuse (Indre), est un jardinier, paysagiste, botaniste, entomologue, écologue et écrivain français. Il a obtenu le Grand Prix du paysage en 1998. Parmi ses principales réalisations, citons le Parc André-Citroën (Paris), le Jardin du Musée du quai Branly (Paris), le Jardin du château de Blois et le Jardin expérimental de La Vallée.





  • Les premières lignes

Pour qui veut bien regarder, tout fait art. La nature, la ville, l'homme, le paysage, l'air du temps, ce qu'on appelle humeur et sur toute chose enfin, la lumière.
Par ailleurs, chacun connaît l'art des artistes, celui qui porte signature. Peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs etc. sont convoqués sur la question de l'art à propos de laquelle, on le sait, il y a toujours beaucoup à dire.
Il existe cependant une plage indéfinie où se croisent le champ brut de la nature - les circonstances - et le territoire authentifié de l'homme.
Ce terrain de rencontre produit des figures à la fois éloignées et proches de l'art suivant les définitions que l'on en donne. Pour ma part je considère comme art involontaire le résultat heureux d'une combinaison imprévue de situations ou d'objets organisés entre eux selon des règles d'harmonie dictées par le hasard.

Cet art peu estimé, car non prémédité, flotte à la surface des choses. Il est sans poids puisque la société ne lui en donne pas. C'est un art sans statut, sans discours, à ce point dépourvu de message qu'on peut le lire, enfin, pour ce qu'il représente - une figure du hasard - sans obligation de le porter au-delà de ses propres limites. C'est un art démuni, privé d'actions et d'opportunes missions; il se dérobe au politique, se montre à la hâte et disparaît aussitôt. Privé de consistance utile, personne ne peut le tourner à son profit car il n'appartient à personne. C'est un état d'être éphémère et subtil. Une lumière parfois.

Avant tout c'est un regard.
Cet art, on s'en doute, est privé d'auteur identifiable. Le poids de la signature en moins, une oeuvre tout à coup prend de la légèreté, s'offre seule et propose à qui veut bien l'endosser une paternité d'estime.

À force de rencontrer et de collectionner les images de l'art involontaire à travers le monde, j'ai fini par les regrouper en huit catégories distinctes : commodité pour aborder la question (le nombre des catégories pouvant augmenter ou diminuer à volonté). Ensuite je les ai ordonnées selon une progression qui va de la plus grande distraction de l'homme sur son territoire à l'ébauche d'un dispositif construit, parfois même à une tentative d'accès à l'oeuvre.
Mais dans tous les cas l'oeuvre est atteinte par inadvertance dans la seule et imprévisible mise en scène des circonstances de la vie. Personne ne songerait à la déloger de cet emplacement fragile et anonyme.
C'est pourquoi les exemples choisis ne montrent jamais les prodiges de la seule nature, la splendeur des sites sauvages pérennes et fantastiques, grandioses et touristiques. Non, il s'agit plutôt d'accidents mineurs et furtifs, à la rencontre des mondes vivants de la nature et de cette foule qui partout tente une existence : petits arrangements sans conséquence ou gestes aventureux, trace imprévue de l'homme sur terre.


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