Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac / Passion du livre

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.. Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac

Couverture du livre Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac

Auteur : Robert N. Proctor

Préface : Mathias Girel

Postface : Etienne Caniard

Traducteur : Johan-Frédérik Hel-Guedj

Date de saisie : 05/05/2014

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Collection : Documents

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-84990-278-3

GENCOD : 9782849902783

Sorti le : 20/03/2014

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  • La dédicace de l'auteur

C'est un sujet qui me touche intimement. Trois de mes grands parents sont morts du tabac : l'un d'un cancer, l'autre d'une crise cardiaque, le troisième d'un emphysème. Mais c'est aussi un enjeu politique et un casse-tête colossal. Comment en sommes-nous arrivés à bâtir une société où l'on fume six mille milliards de cigarettes par an, qui tuent six millions de personnes dans l'indifférence générale ? Dans cet ouvrage, j'essaie de déterminer les causes d'une telle pandémie. Derrière ces élégants petits tubes de nicotine se cachent des acteurs et des porte-paroles qui veulent nous faire croire que la dépendance est une forme de liberté. Comment sont-ils parvenus à créer un engrenage de l'addiction aussi parfait ?
Comment ont-ils pu dissimuler si longtemps cette conspiration qui a séduit des millions de gens ? Peut-on parler de crime contre l'humanité ? Il n'y a pas de mot pour qualifier l'ampleur des dégâts. J'écris dans l'espoir d'arrêter la catastrophe en cours. L'industrie du tabac est puissante, mais pas toute-puissante. Mon père m'a appris à dire la vérité aux dirigeants - cette vérité qui, je l'espère, nous aidera à nous libérer...

Robert N. Proctor



  • La présentation de l'éditeur

Robert Proctor nous livre ici un document captivant, un récit total sur la cigarette, ce produit banal qui recouvre une réalité très complexe, létale et encore secrète par tant d'aspects. Golden Holocaust est le premier ouvrage qui conjugue aussi nettement trois domaines dont l'ampleur respective aurait découragé des enquêteurs moins tenaces : le caractère démesuré de l'épidémie de la cigarette avec son cortège de maladies et de morts ; la réalité proprement tentaculaire de la cigarette elle-même, fruit de prouesses technologiques, physiques et chimiques, mais aussi facteur de développement du marketing, du sponsoring, de la contrebande, de financement de la recherche universitaire, de revenus pour l'État ; enfin, le caractère océanique des archives internes de l'industrie du tabac.
L'une des originalités de cette enquête est que Robert Proctor la mène en exploitant les 80 millions de pages saisies lors de différentes procédures judiciaires intentées ces 30 dernières années. Elles comprennent aussi bien des documents techniques, scientifiques que des notes internes au contenu parfois stupéfiant, des plans média, des correspondances avec des chercheurs, des artistes et des sportifs célèbres, des stratégies commerciales, des coupures de presse... Robert Proctor déplie toutes les dimensions de l'histoire et excelle à trouver les aiguilles dans les «meules de foin».
Golden Holocaust tient aussi du roman policier, à ceci près que, pour répondre à la question habituelle «qui a fait quoi ?», il faut répondre à une autre question : «Qui savait quoi et quand ?» Qui était au courant de la dangerosité extrême de la cigarette ? Et qui, le sachant, ne l'a pas dit ?
Le contenu de cet ouvrage est si dérangeant qu'il a suscité des tentatives d'intimidation. L'industrie américaine du tabac a voulu, sans succès, en faire saisir le manuscrit. Comme le dit l'auteur : «témoigner contre une industrie multimilliardaire qui a une longue histoire de harcèlement, ce n'est pas pour les âmes sensibles».

Robert Proctor est professeur d'histoire des sciences à l'université Stanford (États-Unis). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont La Guerre des nazis contre le cancer (Belles Lettres, 2001).





  • La revue de presse Stéphane Foucart - Le Monde du 20 mars 2014

Golden Holocaust est un livre dangereux. En 2012, peu avant sa publication aux Etats-Unis (Le Monde du 25 février 2012), l'industrie cigarettière américaine a déclenché une sorte de guérilla juridique pour mettre la main sur le manuscrit et entraver sa publication. La manoeuvre a échoué...
L'exploration des tobacco documents menée par Robert Proctor montre que les géants de la cigarette ne se sont pas contentés de manipuler la chimie de la feuille de tabac pour créer et accentuer l'addiction des fumeurs, d'user du marketing le plus pointu pour cibler les adolescents, de placer sous leur coupe les scénaristes et les acteurs d'Hollywood pour donner à la cigarette tout son glamour. Ils ont aussi lourdement pesé - à coups de dizaines de millions de dollars - sur la recherche biomédicale et la marche de la science. Pour ralentir l'acquisition de la connaissance.



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction

Qui savait quoi et quand ?

«Southern trees bear a strange fruit,
Blood on the leaves and blood al the root.»
Abel MEEROPOL, 1936.

Il semblera étrange que la forêt de Pisgah, dans le comté de Transylvanie, en Caroline du Nord, ait été le lieu où la santé de l'humanité a basculé, et pourtant... C'est ici qu'a été menée, à l'automne 1953, une expérience qui allait changer la conception du monde des grands industriels du tabac en démontrant que la cigarette peut provoquer le cancer - un résultat dont ils furent apparemment convaincus. Le site de cette expérience était l'Ecusta Paper Corporation, le principal fournisseur de papier à cigarette des États-Unis. Depuis plus de dix ans, cette entreprise avait débité les minces bandes de papier qui, une fois roulées en cylindre autour de feuilles de tabac fermentées et finement hachées, étaient ensuite fumées sous forme de cigarettes. Ce papier à cigarette n'était pas leur seul produit : l'entreprise fabriquait aussi du papier pour les bibles et pour les formulaires fiscaux. La mort et l'impôt entre deux feuilles de papier bible - une couverture maximale et l'intégration verticale en prime.
Lors des récentes guerres contre le tabac, le papier à cigarette n'a guère attiré l'attention, mais il n'est pas inutile de rappeler qu'on ne peut fumer sans inhaler aussi la suie, le goudron et les gaz que dégage la combustion de ce papier - à l'inverse de ce qui se passe avec la pipe ou le cigare. Aujourd'hui, et nous le savons en partie grâce aux expériences d'Ecusta Paper Corporation, il convient d'attribuer au tabac la part du lion dans les cancers, mais il y a eu une époque, dans les années 1940 et au début des années 1950, où certains l'imputaient à un pesticide vaporisé sur la feuille de tabac (tel l'arsenic), à un agent chimique utilisé dans sa transformation, aux tiges et aux nervures de la feuille de plus en plus utilisées, aux gaz libérés par les briquets ou les allumettes, ou encore aux émanations dégagées par la combustion du papier... Apparemment, les fumeurs de pipe ou de cigare tombaient moins souvent malades que les fumeurs de cigarettes - et manifestement, au cours des décennies précédentes, quand la cigarette n'était pas encore à la mode, on n'observait pas autant de cancers du poumon. Qu'est-ce qui causait cette épidémie de tumeurs malignes ? Et si c'était le tabac, sa méthode de préparation ou même le papier, que faire pour l'enrayer ? Y avait-il un poison qu'on réussirait à identifier et à éliminer afin de lever toutes les hypothèques pesant sur le tabac ? Pouvait-on rendre la cigarette inoffensive ?

L'IGNORANCE, COMME LA CONNAISSANCE, A SA GÉOGRAPHIE

On s'est intéressé de très près au moment où l'industrie du tabac aurait pu ou, tout au moins, aurait dû savoir que fumer tuait. La question revêt une importance juridique considérable au vu de nombreux procès récents où la chronologie de ces événements tient une place centrale. On demande aux historiens d'attester que le secteur a agi comme il convenait dans les années 1950, 1960, 1970, 1980 et 1990, quand l'Institut du tabac, le Conseil de la recherche sur le tabac et d'autres organes rattachés à l'industrie rejetaient en bloc la totalité des affirmations selon lesquelles la cigarette pouvait provoquer le cancer ou toute autre maladie. On leur demande de juger à partir de quand on peut raisonnablement parler d'un «consensus» ou de «l'état actuel des connaissances» à propos de tels risques et à partir de quand il n'était plus légitimement possible d'ignorer ces risques ou de les écarter.
(...)


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