La dernière fête / Passion du livre

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.. La dernière fête

Couverture du livre La dernière fête

Auteur : Gil Scott-Heron

Traducteur : Stéphane Roques

Date de saisie : 28/05/2014

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 23.00 €

ISBN : 9782823600742

GENCOD : 9782823600742

Sorti le : 13/02/2014

en vente sur


  • La dédicace de l'auteur

Frère, ta vie aura passé comme une grande Rambler de 1965 à pneus lisses, partie en dérapage à plus de 100 km/h. Tout aura débuté à Jackson, Tennessee, dans l'Amérique de Mack Parker, Emmett Till et Medgar Evers, assassinés parce qu'ils étaient noirs. À Jackson où tu auras été le premier enfant noir à s'asseoir sur les bancs d'une école blanche, dans cette Amérique où tu n'auras jamais oublié la puanteur des salles d'attente réservées aux noirs. À Jackson où Lily, ta grand-mère, t'aura élevé dans le culte de l'instruction et le mépris de la ségrégation. Où tu découvriras le blues, apprendras le piano et composeras tes premières chansons. Tu n'as pas traîné en route. À dix-neuf ans tu écris «The Revolution Will Not Be Televised», à vingt ans tu publies un recueil de poèmes, un roman et enregistres ton premier disque. Dans ton enfance, comme a dit le poète, on t'a raconté qu'un jour viendrait la victoire des anges. Ah, comme tu y as cru, comme tu y as cru. Tu l'as eu sur toi, le «soleil insensé de la victoire». Et puis, comme le poète, tu es devenu vieux. Derrière la scène, la gloire, les feux de la rampe, la musique, derrière ta lutte pour un monde meilleur et plus juste, un monde où l'union fait la force, tu n'auras jamais réussi à chasser celle qui t'aura accompagné toute ta vie, t'aura précédé, et que tu auras secrètement encouragée même si toujours, jusqu'au dernier jour, elle t'aura maltraité : la solitude.

Stéphane Roques, traducteur de l'ouvrage



  • La présentation de l'éditeur

«Je voulais amener les gens qui m'écoutaient à comprendre qu'ils n'étaient pas seuls et qu'il était possible de changer les choses.»

De Jackson, Tennessee, au Madison Square Garden de New York où il chanta le morceau légendaire «The Révolution Will Not Be Televised», Gil Scott-Heron, musicien et écrivain noir américain, a toujours été un homme de combats. Il se confie pour la première fois dans ces mémoires aussi émouvants que drôles, rythmés par son phrasé vif et imagé qui inspira des générations d'artistes. Heureux hasards, coups d'audace, coups de sang... Gil Scott-Heron évoque son enfance mouvementée mais aussi ses rencontres avec Bob Marley, Michael Jackson ou encore Stevie Wonder, le «frère» qui l'embarqua dans une tournée épique en hommage à Martin Luther King.

Disparu en 2011, Gil Scott-Heron a laissé derrière lui, en un ultime opus littéraire, ces fragments d'une vie d'artiste et de citoyen engagé. Et il nous livre, à sa manière, une contre-histoire de la société américaine des années 1960 à 1990.

«Oeuvre d'un véritable écrivain et magicien des mots, La Dernière Fête est aussi passionnant et indispensable que les Chroniques de Bob Dylan.»
The New York Times





  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 27 février 2014

Tel est l'enseignement de ce livre exaltant jusque dans ses non-dits (le sida, la drogue ?) : Gil Scott-Heron, star underground qui a fini clochardisé et camé, s'était rêvé professeur de littérature ; ce tchatcheur solaire, invoqué aujourd'hui par les rappeurs du monde entier, se vivait surtout comme un écrivain. Un amoureux du langage dans ce qu'il a de plus concret. Passionné par les mots, leurs racines, leurs sonorités. Convaincu que la poésie est la seule arme pour lutter contre les discriminations, le seul instrument capable d'inspirer des sentiments nouveaux.


  • La revue de presse François Cano - L'Express, février 2014

Avec La Dernière Fête, l'écrivain, pionnier du rap et musicien contestataire américain, Gil Scott-Heron, livre à titre posthume ses mémoires, à travers certains épisodes de sa vie : un témoignage précieux pour comprendre l'émergence d'un artiste majeur et son apport à la musique noire américaine...
Quel que soit le genre musical abordé en quarante ans de carrière et une quinzaine d'albums, Gil Scott-Heron est resté révolté. Sa dénonciation de l'envers du mythe américain, avec son lot d'injustices sociales, raciales et politiques, n'a pas varié. Comment eût-il pu s'apaiser alors que les problématiques qu'il soulevait dans sa jeunesse demeuraient inchangées, ou si peu ?...
La carrière de ce perdant magnifique est lancée, et le contestataire Gil Scott-Heron, lecteur de Langston Hughes et sans doute aussi de Noam Chomsky, jouera dans l'histoire de la musique le rôle d'un trait d'union soul entre Woody Guthrie et Chuck D (Public Enemy).



  • Les premières lignes

Extrait du prologue

Je suis toujours sceptique quand un écrivain raconte son enfance en détail. Peut-être suis-je jaloux qu'il garde une vision si claire de ses jeunes années alors que mon propre passé semble avoir disparu depuis longtemps.
Ce qui m'a permis de mettre un peu d'ordre dans tout ça, c'est qu'à l'âge de dix ans, l'écriture m'intéressait. J'écrivais des nouvelles. L'ennui, c'est que je ne connaissais pas grand-chose à la vie. Et que je n'ai pris aucune photo, ni rien gardé en souvenir. Il y avait des choses auxquelles je tenais mais je croyais qu'elles seraient toujours là. Tout comme moi.
Il y avait Jackson, dans le Tennessee. Malgré tous mes voyages - à Chicago, New York, en Alabama, à Memphis, ou même à Porto Rico l'été 1960 -, je savais toujours que j'allais rentrer chez moi à Jackson. C'est là que ma grand-mère et son mari s'étaient installés. C'est là que ma mère et ses frère et soeurs étaient nés et avaient grandi. C'est là que j'avais été élevé, dans une maison de South Cumberland Street qu'ils considéraient tous comme leur maison, quoi qu'ils fassent et où qu'ils le fassent. C'étaient les personnes les plus importantes de ma vie et cette maison c'était chez eux. C'est là que j'ai commencé à écrire, que j'ai appris à jouer du piano, que j'ai commencé à vouloir écrire des chansons.
C'est à Jackson que j'ai entendu de la musique pour la première fois. C'était ce qu'on appelait le «blues». Ça passait à la radio. Ça passait sur les juke-box. C'était la musique de Shannon Street au Fight's Bottom le samedi soir quand elle tonitruait et que le whisky de contrebande de Memphis coulait à flots. Le blues aussi venait de Memphis. Shannon Street était un sujet tabou chez moi, une chose qui n'effleurait même pas ma grand-mère. On n'écoutait jamais de blues chez nous.
Notre maison se trouvait à côté du salon funéraire Stevenson and Shaw's. Le gérant s'appelait Earl Shaw, un des hommes les plus charmants que j'aie eu le plaisir de connaître. Sa femme était une bonne amie de ma mère, et nos familles étaient si proches que j'ai considéré ses enfants comme mes cousins pendant des années.
De toute évidence, les affaires du salon funéraire marchaient bien parce que je me souviens clairement du jour où M. Shaw a acheté un immeuble dans East Jackson. Les déménageurs sont venus vider la maison d'à côté, puis les employés de la décharge ont mis tout le reste à l'arrière d'un vieux camion. Ma grand-mère connaissait le type de la décharge et, après un bref échange avec lui, il a demandé à ses deux fils de déposer un vieux piano droit délabré contre le mur de notre salon. J'avais sept ans. Assez grand pour apprendre à jouer. Elle avait dans l'idée de me faire apprendre quelques chants d'église pour les jouer pendant les réunions de son club de couture. Voilà comment j'ai commencé à faire de la musique.
La radio du salon ne passait jamais de blues. Ma grand-mère l'avait calée sur la station qui diffusait ses feuilletons l'après-midi et ses émissions préférées le soir. Quand nous avons eu une seconde radio, elle fut vite surnommée «Radio Base-ball», et ça ne manquait jamais, à chaque retransmission, j'écoutais le match. Mais parfois j'essayais de tomber sur WDIA qui émettait depuis Memphis, la première radio noire du pays où chantaient en direct des personnalités comme Rufus, Caria Thomas et B.B. King. En fin de soirée j'essayais de capter le Randy's Record Show de Nashville.


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