Auteur : Theodore Dreiser
Traducteur : Jeanne-Marie Santraud
Date de saisie : 18/08/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : J. Losfeld, Paris, France
Collection : Arcanes
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-07-078977-1
GENCOD : 9782070789771
Carrie, jeune provinciale issue d'une famille pauvre, quitte sa bourgade natale pour tenter sa chance à Chicago. Dans le train, elle rencontre un commis voyageur. Ce dernier lui procure un appartement et ne tarde pas à devenir son amant. Par la suite, Carrie le quittera pour Hurtswood, quadragénaire aisé et père de famille qui, pour elle, abandonnera son foyer et son travail avant de sombrer dans la misère et la déchéance physique et morale. Après le suicide de Hurtswood, Carrie se lance dans une carrière théâtrale qui se révélera triomphale.
Fils d'un émigré allemand catholique, Theodore Dreiser naît en 1871 dans l'Indiana. Sister Carrie, son premier roman, publié en 1900, fut immédiatement retiré de la circulation par l'éditeur lui-même pour "immoralité". Il est également l'auteur de Jennie Gerhardt, Le financier, Titan et Une tragédie américaine, qui lui valut un immense succès. Il meurt en 1945, salué comme un maître et un modèle par des écrivains aussi divers que John Dos Passos, Hemingway, Sinclair Lewis ou Scott Fitzgerald. Sister Carrie a paru pour la première fois aux Editions Joëlle Losfeld en 1996.
Lorsque Caroline Meerber prend le train de l'après-midi en partance pour Chicago, on se dit aussitôt qu'il va lui arriver des choses. Caroline, alias Carrie, jeune provinciale issue d'une famille pauvre, a les dents longues. Elle en veut. Dans le train, elle rencontre Drouet, un commis voyageur, qui lui trouve un logement. Par la même occasion, elle devient sa maîtresse. Carrie fait toujours d'une pierre deux coups. Nous sommes en 1889, et l'Amérique, après la guerre de Sécession, est une vaste sweat shop, où l'homme, sacrifié à la productivité et au contrat capital-travail, sue sang et eau pour gagner deux ronds six sous. Carrie, fascinée par l'argent et peu sensible à la détresse des proletarians, entend une voix qui dit que tout est possible à celui qui veut tout. C'est le fameux struggle for life, qui, sous le couvert d'un chant mélodieux, induit la politique du coucou. On éjecte son voisin et l'on s'installe dans son nid... avec ce vaste roman-fleuve, plutôt océan, publié en 1900, qui ne cherche pas à s'embarrasser d'effets ou de petite musique, la symphonie, parfois héroïque, souvent pathétique, éreinte la société américaine en train de naître. Dans ce rassemblement de dupes et de fripons, l'humanité se confond avec l'animalité. Cette société qui suscite des victimes, les justifie, les engloutit et les ensevelit est, de façon criante, un gros bubon acidulé dans la bonbonnière américaine du toc, de la vanité, de l'industrialisation à outrance et du cynisme érigé en système. Peu lucide, Carrie, qui poursuit son chemin, se laisse prendre dans cette tourmente. Pour elle qui, comme l'auteur, n'a jamais eu un cent en poche, l'argent est ce que les autres possèdent et qu'il lui faut posséder. Carrie, Rubempré en porte-jarretelles ? Il y a de ça chez cette carriériste parfois sordide... Dreiser, à la fois réaliste, déterministe et darwinien, homme sagace qui croit dur comme fer aux lois et aux forces régissant nos vies, n'est pas, on l'a compris, un joyeux drille. Mais sa phrase sans fioriture, à la fois sèche et légère comme une pierre ponce, est d'une redoutable efficacité.
A sa mort, en 1945, il fut salué comme un maître et un modèle par des écrivains aussi divers que Dos Passos, Sinclair Lewis, Scott Fitzgerald, Hemingway. Dreiser, on s'en doute, a du chien... Il faut le redécouvrir...
... Né en 1871, Dreiser a moins observé, en tant que journaliste, les rats que les déshérités, avant d'écrire Sister Carrie, son premier roman publié en 1900. A peine sortie de l'adolescence, la pauvre et candide Caroline - dite Carrie - quitte sa campagne pour rejoindre Chicago... Dans le train, elle croise Charlie Drouet, un brave commis voyageur avec lequel elle entretient rapidement une relation. Le voyageur de commerce laisse la place, dans son coeur, à un homme socialement plus «respectable»,... Cette passion apporte à la fraîche comédienne un nouveau marchepied vers la «réussite»... Considéré comme «immoral» au moment de sa sortie, Sister Carrie se concentre sur les thèmes classiques de la perte de l'innocence et de la rédemption. Au-delà de la fable morale, ce chef-d'oeuvre, à la langue magistrale, possède toute la précision documentaire quasi maniaque du «roman réaliste»... L'auteur décrit avec férocité la quête effrénée d'un bonheur artificiel. Il (dé) montre surtout le conditionnement de toutes nos actions par les forces invisibles du pouvoir social...
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