Passion du livre - tout sur le livre : Correspondance générale. Volume 1, 1857-1885

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Correspondance générale. Volume 1, 1857-1885

Couverture du livre Correspondance générale. Volume 1, 1857-1885

Auteur : Edité par Michael Pakenham | Paul Verlaine

Date de saisie : 05/07/2005

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-213-61950-7

GENCOD : 9782213619507

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Ce premier volume (1857-1885) ébauche toute une période passionnante de la vie de Verlaine : ses débuts comme poète ; la réception de ses premiers recueils de poésie - les Poèmes saturniens, les Fêtes galantes - ; l'estime et l'indéfectible soutien de ses aînés Hugo et Sainte-Beuve et de ses pairs Coppée, Blémont et Mallarmé ; ses liens avec le Parnasse ; ses articles sur les Poètes maudits.
Ces lettres dévoilent la sensibilité à fleur de peau du poète, son besoin de reconnaissance et d'amitié, son humour cabochard. A Mathilde Mauté, qu'il épouse, il adresse les vers émouvants de La Bonne Chanson. A Rimbaud, qu'il suit, il confie sa détresse : («aime-moi, protège et donne confiance. Etant très faible j'ai très-besoin de bontés») surtout quand Mathilde le quitte au «fatal mois de février» 1872, alors que leur fils Georges n'a que trois mois. Deux ans plus tard, Verlaine commet l'irréparable : il tire sur Rimbe et passe de longs mois en prison en Belgique. Malheureux, il demande à Hugo d'intercéder en sa faveur auprès de Mathilde : «Parlez-lui, dites-lui [...] que seule elle peut me sauver du remords, de l'angoisse, seule elle peut m'aider à refaire ma vie.» Heureusement ses liens épistolaires et la poésie le préservent : il écrit les vers de Cellulairement, et les Romances sans paroles sont publiées grâce au fidèle Lepelletier.
Après ces épreuves, Verlaine se convertit : «dis que tu sais que je me porte mieux et que je me suis absolument converti à la religion catholique» et écrit Sagesse.
Enseignant à Stickney, Bournemouth ou Rethel, il se préoccupe de son fils qu'il voit peu : «Et j'ai revu l'enfant unique». Désireux de mettre en avant l'oeuvre poétique de Rimbaud, il cherche inlassablement des éditeurs et de l'argent, amorce une relation paternelle avec l'un de ses anciens élèves Lucien Létinois, et renoue en 1883 avec les milieux littéraires.
Cette Correspondance est d'autant plus intéressante que, pour citer Lepelletier, Verlaine «écrit à la va-comme-je-te-pousse, sans souci du tiers et du quart, ne s'adressant qu'à l'ami auquel il se confie. Il ne soupçonne guère l'imprimerie future». Truffée d'argot, de jeux de mots de potaches, elle témoigne d'une époque et de solides amitiés. Près de 200 dessins souvent humoristiques de Verlaine et de ses comparses, Ernest Delahaye et Germain Nouveau, illustrent leurs échanges.

Un des verlainiens les plus éminents, Michael Pakenham, docteur en littérature, a entrepris ce travail sans précédent. Depuis une vingtaine d'années, il a collationné toutes les lettres existantes du poète et y a intégré les réponses quand il avait pu les trouver. Son remarquable appareil critique apporte bien des clés pour approcher Verlaine.





  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 30 juin 2005

... Paul Verlaine n'est ni gentil, ni fiable, ni cohérent, ni d'humeur égale, et il n'a pas écrit ses lettres pour la postérité : autant de bonnes raisons pour lire le premier tome aujourd'hui publié de sa correspondance. Une raison supplémentaire (et sans doute la première) est de sentir palpiter le vilain bonhomme dans toute la négligence et l'oreille de son style. Vers la fin de sa vie, il boitait ; sa parole épistolaire l'a devancé : délivrée du vers, elle en est l'envers ­ la carcasse naturellement dégradée. Insouciante, agressive, précieuse, archaïque, souvent tout à la fois, presque toujours potache, elle frémit face au monde «comme un archet frivole»... Ce premier tome couvre la période allant de 1857 à 1885. Verlaine a 12 ans au début, 41 à la fin. La première lettre est un poème envoyé à Victor Hugo, appelé la Mort. Les dernières lettres précèdent de peu le décès de sa mère. Poétiquement, ce sont ses années essentielles... Le deuxième tome (1886-1889) devrait paraître dans dix-huit mois et le dernier (1889-janvier 1896) dix-huit mois plus tard. On y trouvera le dernier Verlaine, malade, devenu un personnage, gérant sa gloire et sa misère en Bukowski des centres-ville. Rassembler et éditer cette correspondance pleine de trous et d'ellipses est un ouvrage de marqueterie fine. Un Anglais, Michael Pakenham, s'y emploie depuis vingt ans ; il en a soixante-seize... Il ne se contente pas de publier et d'annoter avec soin les lettres connues. Il publie les missives des amis (dont la fameuse lettre autobiographique de Mallarmé) et les nombreux dessins facétieux qui les accompagnent : Verlaine et les siens (en particulier Ernest Delahaye) ont un bon coup d'oeil et de crayon. Ils s'autocaricaturent en situation avec une joie insouciante et sans pitié.

L'ensemble ne donne pas seulement une idée précise de Verlaine ; il répand l'homme dans un portrait de groupe. Certaines lettres révèlent l'époque symboliste dans ce qu'elle a de périssable ; d'autres soulignent la nature violente et raffinée d'une petite avant-garde qui, loin du grand public, inventa la littérature nouvelle. On les suit de l'intérieur du langage quotidien : le résultat vaut mieux qu'une biographie... Le travail de Pakenham permet de saisir comment fut vécu le drame de 1871-72 Mathilde-Verlaine-Rimbaud...


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli