En bande organisée / Passion du livre

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.. En bande organisée

Couverture du livre En bande organisée

Auteur : Flore Vasseur

Date de saisie : 19/12/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. des Equateurs, Sainte-Marguerite-sur-Mer, France

Collection : Equateurs littérature

Prix : 19.00 €

ISBN : 978-2-84990-230-1

GENCOD : 9782849902301

Sorti le : 22/08/2013

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  • La dédicace de l'auteur

Dans ce roman, j'ai voulu m'attaquer à ce qui m'indigne le plus : le fait, précisément, que plus rien ne nous indigne, notamment la façon dont la démocratie a été enterrée sous l'innovation financière (la croissance avant tout) et la liberté sous l'idéal publicitaire (la liberté, c'est consommer). Ce roman est donc d'abord une charge contre l'un des maux les plus pernicieux de notre temps : la banalité du renoncement.
Malgré leur parcours de parfait soldat du capitalisme, mes personnages (3 femmes, 4 hommes) ont renoncé à l'essentiel : l'amour, le doute, les autres. Ils ont 40 ans, occupent des postes importants dans chacune des forme de pouvoir : la finance, la politique, les medias... Ils vont bientôt accéder, dans leur discipline, au commandement suprême. En fait, ils sont tous au bord du gouffre. Tout ça pour ça ? L'un d'eux craque, veut révéler une affaire (véridique) de manipulation des comptes de la zone euro. Le petit groupe d'amis se fissure. Trahison, séparation, disparition, résurrection, c'est la comédie humaine à l'heure du CAC 40 et de l'amour digitalisé. L'élite panique car au fond : qu'est-ce que réussir dans un monde voué à sa perte ?
J'aime écrire sur notre temps, nos contradictions, la difficulté à voir et à tirer les conséquences de la vérité. J'ai voulu aussi montrer que les voies de sortie existent et qu'il s'agit d'une insurrection sur le réel et avant tout sur soi-même.
Je me suis fait plaisir. Parce que le livre est probablement le dernier endroit où la parole est totalement libre, ce roman s'articule autour d'une enquête et de faits réels. Pour les lecteurs curieux d'en savoir plus, j'ai indiqué mes sources par l'intermédiaire de flashcodes en marge du texte principal. Cela permet de distinguer le réel du romanesque et de se rapprocher des personnages en écoutant la musique qu'ils écoutent, ou regardant les films qu'ils visionnent. Mais la lecture du livre ne nécessite pas ces ajouts. C'est un peu mon cadeau Bonux.
Très bonne lecture.

Flore Vasseur



  • La présentation de l'éditeur

Clara, Jérémie, Bertrand, Vanessa, Alison, Antoine, Sébastien appartiennent à la première génération élevée par les marques, la télévision et l'algorithme de Google. Ces bons petits de la méritocratie se sont connus bébés requins à HEC. À quarante ans, ils se trouvent aux portes du pouvoir de la finance, la politique, la communication, la presse et du hacking. Leur agenda est surchargé, ils n'ont plus le temps de rien. Ils représentent la relève, le Club Mickey des affaires. Ils se croient surpuissants, redoutent le déclassement. Ne pas devenir totalement fou est leur unique objectif.
De petit accommodement en grand renoncement, ils participent à la collusion entre finance mondiale et dirigeants politiques européens qui ruinent le Vieux Continent. Jusqu'au jour où l'un des sept amis est retrouvé mort. Suicide ? Assassinat ? Aujourd'hui, tout est suspect.
En bande organisée s'inspire de faits réels. Il est le fruit d'une enquête menée par l'auteur sur les manipulations de certains pays de la zone euro pour accéder à la monnaie unique. Sommes-nous toujours en démocratie ? Qui nous gouverne ? Que vaut la réussite dans un monde condamné à sa perte ?

Il faut lire de toute urgence ce thriller économique et politique qui nous embarque dans un train fantôme, dévale les montagnes russes et nous promet le grand huit à chaque page. Si vous n'avez pas peur, plongez dans ce roman hallucinant. Sinon, continuez à regarder la télévision.

Flore Vasseur est l'auteur remarqué d'Une fille dans la ville et de Comment j'ai liquidé le siècle.





  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 18 décembre 2013

Avec ce troisième roman, thriller économique et politique, Flore Vasseur plonge au coeur de la domination financière et décrit «la servitude volontaire» de sa génération...
Flore Vasseur se glisse dans ces différents milieux. « Golden girl » à New York, elle a sauté en marche au début du siècle et, depuis, s'acharne, en romancière, à démasquer le vrai visage de la domination, ce pouvoir que le politique, délaissant l'intérêt général, a cédé à la finance...
D'un style vif et rapide, aux dialogues tranchants et nerveux, avec un sens aigu de l'observation et de la psychologie, elle cherche à dissiper la part d'ombre et l'opacité qui enveloppent le monde contemporain.


  • La revue de presse Sophie des Déserts - Le Nouvel Observateur du 31 octobre 2013

«En bande organisée», ils se sont élevés, entraidés, fourvoyés, jusqu'à perdre leur âme. Le roman de Flore Vasseur est un polar décapant sur le renoncement, les petits arrangements d'une élite qui, à force d'abdiquer, s'est rendue impuissante et ne croit plus en rien. Ca s'avale d'un trait, comme un whisky sec. L'ancienne élève de HEC, consultante à ses heures perdues, excelle dans la peinture des désillusions contemporaines...
Flore Vasseur n'invente rien, ni le parachutage des anciens banquiers de Goldman au sein des grandes institutions internationales, ni le maquillage des comptes européens. Celle qui, petite, voulait être journaliste, a rencontré des traders et des hackers, elle a été au siège de Goldman à Manhattan. Elle livre ses sources, accessibles, au moyen de flashcodes, en ligne. Après ça, on ne s'interroge plus sur les promesses évanouies, l'inertie des politiques. Tout devient limpide. Vite, un double scotch.


  • La revue de presse Alexandra Schwartzbrod - Libération du 5 septembre 2013

Ce roman ne se lit pas, il se voit. Rythme saccadé, hommes en costard jetlaggés, bureaux feutrés de multinationales aux abois... il projette en continu sur la rétine des images tout droit sorties d'un film d'Oliver Stone. Comment la crise financière a-t-elle pu à ce point déstabiliser la planète ? Qui nous gouverne ? Sommes-nous toujours en démocratie ?...
C'est un vrai thriller politico-économique qu'a écrit Flore Vasseur, trois ans après Comment j'ai liquidé le siècle, qui narrait déjà les aventures d'un génie des mathématiques devenu trader, un Jérôme Kerviel frôlant tout à la fois le génie, le néant et l'absurde. L'auteur sait de quoi elle parle. Elle-même diplômée de HEC, elle a longtemps travaillé à New York, vivant en direct la bulle Internet, le 11 septembre 2001 et la crise financière. Son roman est très manichéen : les puissants y sont tous pourris, et leurs femmes névrosées ; les subalternes misérables et manipulés. Il lui manque cette zone de gris qui suscite les plus grands fantasmes. Mais la démonstration est implacable. Car elle est le résultat d'un travail de recherches sur les errements de certains pays de la zone euro...
Quant aux personnages, quiconque a approché ce milieu les a un jour croisés.



  • Les premières lignes

Seigneur de la com', Sébastien enchaîne soirées annulées et vacances reportées. Depuis l'implosion des subprimes, il ne gère que des scandales. Une nuit de septembre 2011 à Paris, il reçoit un appel de la firme. A l'époque Céline, son épouse, ne l'a pas encore quitté. Elle supporte sa mauvaise humeur, ses réponses laconiques, se satisfait de ne rien comprendre à son travail. Le CEO 1 Monde le convoque à New York pour une affaire urgente.
Il prend le vol du matin, n'emportant rien. La firme met costume et nécessaire de toilette à sa disposition. Elle connaît son poids, sa marque de dentifrice, son taux de cholestérol.
À la faveur du décalage horaire, il atterrit en fin de matinée. Une des voitures de la banque, une Mercedes Benz S550 noire aux vitres teintées, l'attend à l'aéroport JFK. Elle tente d'entrer dans Manhattan par le Brooklyn Bridge. Les voitures sont scotchées à l'asphalte, celle de Sébastien immobilisée au milieu du pont. La climatisation crache un air froid parfumé au bubble-gum. Sur la banquette de cuir anthracite, Sébastien se change en glaçon.
- UN Week, sir, explique le chauffeur portoricain.
C'est la semaine de l'assemblée générale de l'ONU, pas son jour de chance. Avec cent quatre-vingt-treize chefs d'État en ville, Manhattan est sur les dents. La chambre de Sébastien au Waldorf Astoria, au cas où la réunion le contraindrait à rester pour la nuit, n'a pu être réservée. Mahmoud Ahmadinejad monopolise tout un étage. La circulation est coupée sur la 6e Avenue afin que son Hummer aux vitres fumées et sa chasse gardée se déplacent sans accroc. Pendant quelques jours, le FBI et le NYPD assurent la sécurité de l'homme qui empêche Obama de dormir.
Sébastien sent son ventre se tordre. UN Week ou pas, le boss de Folman Pachs n'attend jamais. Il se glisse à l'extérieur de la limousine coincée au milieu du Brooklyn Bridge. Couleurs d'automne, soleil implacable, c'est l'été indien. Il prend une grande inspiration. Saturé de particules métalliques, l'air de New York enflamme ses poumons. La Grosse Pomme pue le poisson pourri et le soufre. Sébastien part sans un mot pour le chauffeur. Avançant vers Manhattan, cerné de carlingues et de klaxons en furie, il songe un instant à tout plaquer, à se fondre dans la foule qu'il aperçoit, à la sortie du pont.
Arrivé sur l'île par Wall Street, il n'a qu'à traverser d'est en ouest pour atteindre le siège mondial de la firme. C'est l'heure de la pause déjeuner. Au coin de la rue, des ouvriers du chantier du World Trade Center mangent des chips. Des filles en tailleur et baskets courent à leur club de gym pour l'heure de sport réglementaire. Des livreurs virevoltent, plateaux-repas en main, pour nourrir l'armée de travailleurs enchaînés à leur bureau. Les vendeurs de rue débitent hot-dogs et kébabs à la chaîne. Sur sa guérite, l'un d'eux juge utile de préciser :
«Ici, poulet véritable.»


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