Auteur : Michel Ragon
Date de saisie : 27/06/2005
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-226-15966-3
GENCOD : 9782226159663
Gustave a travaillé dur toute sa vie sur sa ferme de huit hectares. Son fils aîné a repris le plus gros du travail, le cadet s'est engagé à la Coloniale. Et puis, un jour d'été, le voilà qui revient avec une femme noire de peau comme on n'en avait jamais vu au village...
Si dans L'Accent de ma mère, Enfances vendéennes ou Le Cocher du Boiroux Michel Ragon évoquait le monde paysan de sa jeunesse, ce monde disparu, refermé sur lui-même, économe de tout, même de sentiments, il s'attache dans ce nouveau roman à restituer la simplicité des jours, la beauté d'une terre qui n'est pas que récoltes harassantes et ingrates, ainsi que l'étrange découverte de l'autre.
Il fallait le talent de Michel Ragon pour donner l'authenticité de ce chant du monde qu'au soir de sa vie Gustave reconnaît.
Romancier, critique et historien d'art, Michel Ragon est l'auteur d'une oeuvre considérable où la Vendée est omniprésente. Il est l'auteur de nombreux romans dont Les Mouchoirs rouges de Cholet, Le Roman de Rabelais, et plus récemment Un rossignol chantait et Un amour de Jeanne.
Sa mère avait toujours recours à des phrases exprimant la résignation, l'indifférence, le fatalisme: «Pendant qu'on fait ça, on ne pense pas à autre chose.» Sur ses carnets, les recettes morales se mêlaient aux formules de guérison : «Regretter le passé, c'est courir après le vent» ; «l'eau de mélisse des Carmes Boyer sur du sucre est un réconfortant et un digestif». Poignante mater dolorosa, toujours vêtue de noir, éternellement veuve, qui, demoiselle, lisait François Coppée. Quel bonheur que de retrouver, grâce aux Editions Omnibus, les cinq romans du cycle vendéen de Michel Ragon dont les fameux «Mouchoirs rouges de Cholet». Et, bien sûr, «l'Accent de ma mère», inoubliable portrait de la ravaudeuse de Fontenay-le-Comte. Paru en 1980, l'ouvrage raconte l'enfance du petit Nantais, une enfance faite d'arrachements, de dérobades, de ruptures et de fuites... «La Ferme d'en haut» est un conte à la Maupassant. Un roman du terroir, certes, mais chez l'auteur la terre n'est pas seulement un plateau d'herbes odorantes. C'est aussi un marais boueux dans lequel les rumeurs et les haines s'enracinent et où les préjugés sont tenaces. Dans la ferme où vit le vieux Gustave, l'arrivée d'Ernest, le fils cadet, de retour des colonies, fait jaser tout le département. C'est qu'il s'y est marié, et avec une Noire, Aïcha, qu'il ramène au pays...
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