Auteur : Danielle Collobert | Edité par Françoise Morvan, Préface de Jean-Pierre Faye
Date de saisie : 27/06/2005
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : POL, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-84682-010-3
GENCOD : 9782846820103
S'il était important de rassembler en un seul volume les livres publiés par Danielle Collobert de son vivant, afin de mettre en lumière la cohérence d'une telle oeuvre, il n'était pas moins important d'en donner à connaître la part souterraine. Souterraine mais non pas inférieure : depuis les fragments de Meurtre restés inédits jusqu'aux Cahiers retrouvés après sa mort en passant par les pièces destinées à la mise en ondes, tous les textes réunis dans ce deuxième volume ont été soigneusement conservés par Danielle Collobert, si peu soucieuse pourtant de renommée ou de postérité littéraire, comme en vue d'une possible édition. Ils donnent une profondeur et une ampleur souvent bouleversantes à une telle expérience, poursuivie toute une vie durant, avec une extrême rigueur et un extrême détachement. Les pièces écrites en collaboration avec Uccio Esposito-Torrigiani, à qui nous devons l'édition des Cahiers, répondent en écho à celles de Danielle Collobert elle-même et aux pages de ce journal écrit en contrepoint de l'oeuvre éditée.
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Le 23 juillet 1978, Danielle Collobert s'est suicidée dans une chambre d'hôtel de la rue Dauphine, à Paris. Elle avait 38 ans. C'était le jour de son anniversaire. Dans un cahier à spirale, où elle sténographiait depuis 1956 les attendus de sa détresse, elle avait noté: «Mon corps en train de vivre ses derniers moments le corps palpitant la préparation la pacification.» Cette paix enfin trouvée lui avait toujours été refusée. Son premier recueil de poèmes, paru à compte d'auteur, s'intitulait d'ailleurs «Chants des guerres». Elle en avait racheté le stock pour mieux le détruire... grâce à Jean-Pierre Faye, qui dirige alors la revue «Change», elle signe «Dire I-II» et «Il donc» - des livres rassemblés en 2004 chez POL. Cet éditeur, qui a la mémoire longue et un oeil de lynx, réunit dans un second volume des haïkus de jeunesse, des ébauches de textes, les «Chants des guerres» sauvés du pilon, des pièces radiophoniques et surtout le journal d'un désastre intime et d'une circumnavigation haletée, épuisée... Ses «Oeuvres», une expression qu'elle eût détestée, témoignent du combat très singulier qu'elle a mené pour que, signifiant un «malaise» perpétuel, les mots soient autre chose que des mots - simplement la trace, que le temps efface, d'un corps blessé dans le sable de la mer morte.
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