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Eléments de littérature

Couverture du livre Eléments de littérature

Auteur : Sophie Le Ménahèze | Jean-François Marmontel

Date de saisie : 24/08/2006

Genre : Dictionnaires, encyclopédies

Editeur : Desjonquères, Paris, France

Collection : Dix-huitième siècle

Prix : 50.00 € / 327.98 F

ISBN : 978-2-84321-073-0

GENCOD : 9782843210730

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

En matière de réflexion esthétique et littéraire, les Éléments de littérature que Jean-François Marmontel publie en 1787, constituent la somme la plus achevée que nous ait livrée le XVIIIe siècle. L'ouvrage se présente à la façon d'un dictionnaire : 192 entrées thématiques passent en revue les catégories essentielles de l'analyse littéraire, depuis «abondance» jusqu'à «vraisemblance», en passant par «comédie», «dénouement»,«pastiche» ou «traduction».

Cet ensemble sonne le glas de la poétique classique : il y est question, non plus de «belles-lettres», mais de «littérature» et Marmontel est l'un des premiers à employer ce terme dans l'acception que nous connaissons aujourd'hui. Le changement est considérable : à un univers encadré par des règles se substitue une production présentée dans sa diversité historique et géographique : Marmontel, pétri de culture classique, innove en évoquant la littérature du Moyen Âge, ou en citant les poètes allemands, anglais, italiens et il propose ce qu'il n'est pas excessif de nommer une «poétique des Lumières».

La littérature est appréhendée dans son hétérogénéité beaucoup plus qu'à travers ses hiérarchies ou ses degrés de dignité. D'ailleurs, note-t-il, «faut-il qu'une reine dise bonjour en d'autres termes qu'une villageoise ?»

Compulsés par des générations d'élèves, d'étudiants, d'amateurs et d'écrivains, les Éléments de littérature n'ont pas été réédités depuis près de 150 ans. Ils constituent pourtant un instrument irremplaçable pour lire et comprendre la production littéraire du XVIIIe siècle et sont un jalon essentiel de la réflexion sur la littérature entre Boileau et Hugo.


Jean-François Marmontel (1723-1799) a connu une carrière d'intellectuel et d'homme de lettres hors du commun. Issu d'un milieu très modeste, le jeune homme arrive à Paris, encouragé par Voltaire. Il s'agrège aux milieux littéraires les plus en vue. Proche du parti philosophique, il collabore à l'Encyclopédie et gravit tous les échelons de la République des lettres. Le soutien de Mme de Pompadour lui vaut en 1758 la direction du Mercure de France, l'Académie française lui ouvre ses portes en 1763 ; il en deviendra secrétaire perpétuel en 1783. Nommé historiographe de France en 1772, connu et traduit dans l'Europe entière, il passe, à juste titre, pour un des plus grands hommes des lettres de la fin de l'Ancien Régime.

Sa production littéraire, dans sa diversité et son abondance, est à la mesure de sa célébrité : après quelques essais poétiques, Marmontel sacrifie à la tragédie, le grand genre par excellence ; il devient à l'occasion librettiste, et s'engage avec ardeur dans les querelles musicales de son temps. Ses principaux romans : Bélisaire (1767), Les Incas (1777) dénoncent l'intolérance sous toutes ses formes. Avec ses Contes moraux (1761-1792), il met au point une formule inédite qui permet de réconcilier le plaisir de la lecture avec les exigences de la vertu.

Enfin ses Mémoires, régulièrement réédités, offrent un éblouissant défilé de philosophes, de femmes de lettres et d'hommes de pouvoir, même si, au témoignage de Sainte-Beuve, ses Éléments de littérature sont «ce qu'il a écrit de mieux». (Vu sur http://docsrvr.ish-lyon.cnrs.fr)





  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 23 juin 2005

Un universitaire sera bien heureux de trouver ici, comme l'indique Sophie Le Ménahèze dans sa préface, une des oeuvres théoriques qui marquèrent l'invention de la «littérature» vers le milieu du XVIIIe siècle, par opposition au système clos de ce qu'on appelait jusqu'alors les Belles-Lettres. D'autres personnes fines et cultivées prendront profit des nombreux articles consacrés à l'opéra et qui illustrent le parti pris piccinniste de Marmontel contre Gluck, ou se trouveront bien de ses explications sur l'asclépiade français. Pour tous ceux qui n'ont pas bac + 12 en littérature, il y a cependant des façons plus crétines de s'éjouir en compagnie des Eléments de littérature.

Par exemple, on peut recenser toutes les saloperies que Marmontel (1723-1799) déverse sur la tête de ses prédécesseurs, tel le célèbre (en son temps) poète Jean-Baptiste Rousseau... Sinon, on peut aussi se gausser (parce qu'on ne connaît pas le mot historicité) devant la liste de ce qui selon lui restera de son siècle... Pour un rire plus direct, on peut se tourner vers l'article «Conte» où Marmontel, fameux auteur de contes moraux, traite surtout du «conte» dans son autre acception, à savoir la bonne blague qu'on raconte à table. Il nous en livre quelques canoniques, dont celle-ci, qu'on pourra toujours ressortir dans un cocktail, tout auréolée de ses 218 ans d'ancienneté : «A Paris, une de nos plus jolies femmes, chaussée pour la première fois par le cordonnier à la mode, s'aperçut que dès le premier jour ses souliers s'étaient déchirés ; elle fit venir le cordonnier, et lui marque son mécontentement. L'ouvrier prend le soulier crevé, l'examine avec une attention sérieuse ; et après avoir réfléchi sur la cause de cet accident : Je vois ce que c'est, dit-il enfin, madame aura marché.»...

Enfin, pour ceux qui veulent rire jaune, ils méditeront ces pensées sur la question de l'industrie culturelle et de l'obésité à l'aube du XXIe siècle...


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