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Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme

Couverture du livre Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme

Auteur : Raymond Boudon

Date de saisie : 22/03/2004

Genre : Sociologie, Société

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-7381-1398-6

GENCOD : 9782738113986


  • La revue de presse Philippe Tesson - Le Figaro

La France peut se flatter d'un triste privilège : elle est l'un des seuls pays démocratiques où le terme «libéral» passe pour une insulte. Il entre dans cette particularité une part de mystère qui n'en finit pas de désoler. Le mal est-il incurable ? Les récents malheurs électoraux d'un gouvernement que l'on dit libéral mais qui semble embarrassé par cet attribut méritent que l'on porte à cette question une attention nouvelle. A cet égard, le livre que publie le sociologue Raymond Boudon, qui fut proche de Raymond Aron, Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme, survient à pic... En somme, le libéralisme se présente, selon Boudon, comme le libérateur des hommes, émancipés des communautés étroites, des séparations de la race et des prétentions de la religion. Le grand instrument de cette émancipation est, et demeure, le commerce, sous sa double face, marchande par l'échange des biens, spirituelle par celui des idées. En sorte que Raymond Boudon est fondé à affirmer que ce que l'on reproche le plus souvent à cet émancipateur, c'est l'inachèvement de son programme... Notre auteur est persuasif lorsqu'il remarque que la position des intellectuels vis-à-vis du libéralisme est en partie la conséquence d'une surévaluation de la morale et d'une dévaluation du savoir. «Porter un jugement moral, écrit-il, ne suppose aucune compétence particulière.»... Boudon est tenté de dire que le «sens commun» constitue le rempart le plus solide du libéralisme. Parce que ce système répond le mieux aux besoins, le plus grand nombre lui serait d'instinct attaché. Est-ce si sûr ? C'est faire bien grande confiance au bon sens.


  • La revue de presseEric Conan - L'Express

Bien des idées fausses s'imposent parce qu'elles sont utiles: un paradoxe et une vraie question pour les intellectuels. C'est sur un mystère très français que se penche le sociologue Raymond Boudon: pourquoi tant d'intellectuels ont-ils «épousé des idées dont ils ont souvent eux-mêmes de la peine à comprendre pourquoi ils y ont adhéré». Et pourquoi, symétriquement, leur hostilité à l'égard de l'esprit libéral ?... Comment expliquer ce sort paradoxal des idées libérales, dont les grands penseurs, peu lus, restent lisibles, tandis que la majeure partie de la littérature antilibérale est associée au tragique du XXe siècle ou au risible de la mode démodée ? Parce que le succès d'une théorie dépend souvent moins de sa validité que de son utilité. D'où le foisonnement d'idées fausses mais utiles - répondant à la demande d'intellectuels parce qu'elles les font vibrer, leur donnent du pouvoir ou les consolent... En disciple de Max Weber, Raymond Boudon montre que... de multiples idées fausses chassent aujourd'hui les vraies...


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