Passion du livre - tout sur le livre : Ce parfait ciel bleu
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.. Ce parfait ciel bleu

Couverture du livre Ce parfait ciel bleu

Auteur : Xavier de Moulins

Date de saisie : 28/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782846264006

GENCOD : 9782846264006

Sorti le : 01/03/2012

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

«Mouna m'a piqué une cigarette et fume la fenêtre ouverte. Elle me fait signe de la suivre sur le balcon. Elle a l'air d'une reine dans sa robe de chambre un peu grande. C'est une soirée douce de printemps. Elle me demande sans me regarder :
- J'aimerais que tu m'emmènes voir la mer. Ce sera peut-être pour moi la dernière fois.»

Xavier De Moulins est journaliste. Après avoir été pigiste pour Le Monde, Vogue ou Les lnrockuptibles, il apparaît d'abord à l'écran dans Nulle part ailleurs, +Clair, Nous ne sommes pas des anges puis dans Paris Dernière. Il présente aujourd'hui le journal de 19 h 45 sur M6.
Un coup à prendre, son premier roman, s'est vendu à 8.000 exemplaires et paraît au Livre de Poche en mars 2012.





  • Les premières lignes

L'établissement est une ancienne ferme plantée au milieu d'un champ, juste à la sortie de la ville. Des pommiers glandent au milieu de l'espace vert bien taillé. Un jardinier ramasse les fruits. Les pensionnaires n'ont pas le droit d'y toucher pour des raisons d'hygiène et de sécurité. De toute façon, la majorité ne peut plus se baisser pour les ramasser, sauf ceux qui vivent déjà plies en deux mais ceux-là n'ont pas très envie d'attraper des pommes. Et puis, ce n'est pas bon pour ce qu'ils ont.
Une fois, à trop croquer le fruit défendu, un pensionnaire a chopé la chiasse et tout le monde s'est moqué de lui quand il s'est fait dessus liquide, dans l'ascenseur. Ça a coulé sur ses pantoufles et il est reparti la morve au nez en chialant, de honte et de solitude, une main tremblante sur la rampe, l'autre sur son dentier.

Un mur d'enceinte encercle la propriété.
La bâtisse forme un L, les chambres courent sur trois étages.
Les deux premiers sont pour les résidents encore en état de marche, capables de se déplacer même en fauteuil, de tenir une fourchette (quitte à en foutre la moitié par terre), d'être propres au lit (quitte à s'oublier parfois), et de tenir une conversation (quitte à oublier les questions ou à faire répéter les réponses une bonne vingtaine de fois à cinq minutes d'intervalle).
Le dernier étage est pour les autres. Les bons à rien. Ceux qui ne savent plus qui ils sont, en mettent partout, ont besoin d'assistance pour se laver et faire pipi, ceux qu'il faut surveiller pour éviter qu'ils mangent leur caca. Ceux qui crient, pleurent, grognent, gémissent, hurlent, mordent, en proie à des visions jusqu'à la démence la plus animale.
Le troisième, un étage fermé où personne n'entre sans autorisation, badge magnétique, compétence et tranquillisants pour débrancher encore davantage tous ces disques durs crames par l'épreuve du temps. En général les parias du troisième n'ont plus jamais de visites, ils vivent dans l'antichambre du paradis, en enfer précisément, reclus, les yeux dans le vague, dépendants comme des nouveaux-nés. Même quand leurs pyjamas sortent de la machine à laver, ils semblent sales. Les résidents du troisième sont seuls comme des rats.


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