Fraternité secrète / Passion du livre
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.. Fraternité secrète

Couverture du livre Fraternité secrète

Auteur : Jacques Chessex | Jérôme Garcin

Préface : Jérôme Garcin

Date de saisie : 02/03/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-246-78353-4

GENCOD : 9782246783534

Sorti le : 25/01/2012

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  • La présentation de l'éditeur

En 1975, alors qu'il a tout juste dix-huit ans, Jérôme Garcin écrit à un écrivain qu'il admire, Jacques Chessex. C'est le début d'une correspondance qui durera plus de trente ans, jusqu'à la mort de Chessex en 2009.
Ces lettres sont le lieu, puis le témoin, de la naissance d'une amitié. Une amitié littéraire hors du commun entre un jeune garçon au seuil de son existence, et un homme de vingt ans son aîné, un écrivain reconnu, curieux de tous les excès et objet de tous les scandales. Elles sont aussi, ces lettres, le journal de création d'un auteur majeur, l'antichambre de ses oeuvres. On y voit passer ceux qui firent la littérature du second XXe siècle : des éditeurs - Bernard Privat, Jean-Claude Fasquelle -, des journalistes, et des auteurs, comme François Nourissier, Francis Ponge ou Yves Berger. On y croise les grands modèles sans cesse convoqués (Flaubert), les inspirateurs obsédants (Jean Paulhan)...
Des méditations sur le métier d'écrire, des émerveillements devant la nature, des inquiétudes, des joies, et surtout, une langue juste, ciselée, d'une grande beauté.

Préface de Jérôme Garcin.

Jacques Chessex était l'un de nos plus grands écrivains de langue française. On lui doit, entre autres, chez Grasset, L'ogre (1973, prix Goncourt), Monsieur (2001), Le vampire de Ropraz (2007), Un juif pour l'exemple (2009), et L'interrogatoire (2011).
Jérôme Garcin est journaliste et écrivain. Il est l'auteur, aux éditions Gallimard, de Pour Jean Prévost (1994, prix Médicis de l'essai), La chute de cheval (1998), Théâtre intime (2003) et Olivier (2011).





  • La revue de presse Nicolas Mouton - Le Magazine Littéraire, février 2012

La publication d'une correspondance entre deux écrivains soulève toujours des interrogations, tant littéraires qu'éthiques. La lettre, si elle est le lieu privilégié d'une écriture du secret, joue toujours sur sa pérennité et le risque désirable d'être découverte, surprise. Elle est le témoin de ce qui fut : un témoin qui ne demande qu'à parler... ou à brûler. En prenant la précaution de léguer à la Bibliothèque Nationale Suisse celles qu'il avait reçues de Jérôme Garcin, Jacques Chessex a clairement indiqué son désir. Le lecteur ne perdra pas de vue que ce qui relie les deux écrivains et les relie par la publication à nous, implique aussi de la part de celui qui reste une relecture. Aussi le familier des pages de La Chute de cheval, de Théâtre intime ou de Cavalier seul n'en finiront-ils pas de lancer des ponts entre les textes, les confidences et les réflexions : à proprement parler des correspondances. Et le coeur des livres n'a jamais si bien battu...
On s'étonnera peut-être de l'extraordinaire allégresse de ces lettres, vives, fraiches, pleines d'un gai labeur. C'est qu'elles reposent sur un principe de pudeur : le style c'est la morale. L'accord profond de deux langages nettoyés. Le style c'est planter ses crocs dans l'épaule puante de la mort et parler d'une fraiche haleine. C'est porter un fardeau et gambader à son aise, «calme, ferme et droit». C'est la pensée qui tient en respect l'épanchement.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 22 février 2012

Ecrire, publier : voilà ce qui est au coeur de cet échange épistolaire souvent très concret et pragmatique, entre deux hommes au travail - l'intimité, les marques d'affection venant s'inscrire non pas en marge, mais en filigrane de cet échange marqué par la complicité et la confiance réciproque.


  • La revue de presse Thomas Mahler - Le Point du 16 février 2012

Quelle joie, à travers ses missives respirant le grand air, de retrouver l'ermite vaudois au sein de son antre de Ropraz ("la neige, le gel, la bise, nous sommes presque isolés, c'est prodigieux de sauvagerie !")...
Précieux, ces échanges épistolaires le sont également parce qu'ils offrent le témoignage d'une tendre et durable fraternité, alors que l'époque confond l'amitié avec un simple clic sur Facebook. Dans une préface vibrante, Jérôme Garcin se souvient ainsi du besoin vital qui le liait à ce drôle de compagnon "qui ne respectait rien sauf la langue française". Parce que c'était lui, parce que c'étaient eux.


  • La revue de presse Christine Rousseau - Le Monde du 16 février 2012

Placée sous le signe de la poésie et plus secrètement de deux morts - le père de Jacques Chessex s'est suicidé quand il avait 19 ans -, l'amitié est immédiate entre les deux hommes qui ne vont cesser de s'écrire jusqu'à la mort brutale de l'écrivain vaudois en 2009. Au-delà de ce "coup de foudre", ce qui frappe dès l'abord de cette passionnante et riche correspondance, c'est la manière dont Chessex traite d'égal à égal, de poète à poète, cet interlocuteur de vingt ans son cadet qui n'a encore rien publié. Chaleureux, enthousiaste à la lecture des poèmes de Jérôme Garcin, à travers lesquels il ne voit rien moins qu'une "parenté décisive", le romancier semble galvanisé par ces échanges fertiles qui l'inspirent, le poussent à revenir à l'essentiel : la poésie...
Véritable chambre d'écho de l'oeuvre, cette correspondance permet d'entrevoir Chessex sur tous les fronts (critique, essayiste, conteur, nouvelliste, romancier) et presque à toutes les étapes de la création...
Les lettres, fort nombreuses au cours des années 1990, s'espaceront à mesure que s'imposera entre les deux amis l'usage - notamment dominical - du téléphone. Peut-être est-ce là le seul regret que l'on éprouve en achevant la lecture de cet échange vibrant d'une belle et lumineuse complicité littéraire.


  • La revue de presse Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 2 février 2012

Une complicité fondée sur une admiration indéfectible. Trente-cinq ans de messes basses et de secrets partagés, où le Suisse ombrageux et le Français stendhalien vont suivre chacun son chemin d'écriture et de vie comme une épreuve de course à pied où l'on passe le témoin quand l'un s'use et cherche, main tendue derrière lui, le relais de l'autre.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 29 janvier 2012

Affinités improbables : ils ont vingt-deux ans de différence d'âge ! L'un est un écrivain renommé, l'autre un élève de khâgne à Henri-IV. L'un a le physique ramassé d'un paysan qui aime à pétrir la terre nourricière et la chair des femmes, "un visage rond aux yeux clairs barré d'épaisses et noires moustaches", l'autre est un grand et beau jeune bourgeois élevé par son père dans le culte des classiques et la fréquentation des philosophes de l'époque (Philippe Garcin avait été directeur des PUF). La douleur d'avoir prématurément perdu leur père (celui de Chessex s'est suicidé) les rapproche. Mais c'est un amour immodéré de la poésie qui les unit...
Le livre contient sur l'amitié, sur leurs promenades dans la nature et dans les livres, des lettres très fortes. Mais le plus beau texte est celui qui ouvre le livre, les 25 pages dans lesquelles Jérôme Garcin fait le portrait de Jacques Chessex et lui exprime sa gratitude. "À celui qui se croyait destiné, par confort et par pudeur, au seul journalisme, il a indiqué, avec une émouvante persévérance, le chemin de la littérature, de l'aveu différé et du théâtre intime."



  • Les premières lignes

Jérôme Garcin
67, boulevard Saint-Germain
Paris 5e.

30-IV-75.

Monsieur,

J'aime à écouter les voix poétiques, à m'y reposer et ne les quitter qu'à l'aube froide - quand la musique des mots a fait place au silence de la mémoire. (Privilège peut-être de mes dix-huit ans.) J'avais lu L'Ogre en croyant y percevoir une substance latente et inappréhendable, qui vient de m'être révélée à la lecture de Le Jour proche, découvert par un merveilleux hasard au fond de ma bibliothèque. Dès lors, ce court recueil ne quitte plus ma table. Je m'y plonge souvent, quand les simulacres fallacieux d'une «khâgne» aux accents vraiment trop peu véridiques font naître en moi une inextinguible soif de sincérité voire de simplicité.
«Je reprends sans cesse le chemin de mes visages» ; ces mots que depuis un jour trop précis, j'ai appris à rendre effectifs, j'en viens de trouver l'expression vivante au coeur même d'une respiration lointaine - lors de veilles qui semblaient éternité, vos paroles riches d'images et de senteurs, me faisaient découvrir ce que je croyais connaître, me faisaient déceler ce faisceau de secrets qui, en fait, demeurait sous la lumière du soleil, non pas au détour d'une nuit.
Sans doute cette lettre vous paraîtra-t-elle vaine sinon futile. Qu'importe ! C'est celle d'une conscience réceptive à vos dits et attentive - silencieusement - à votre voix,

Jérôme Garcin


Le 12 mai 75

Cher Monsieur,

Votre lettre m'a donné de la joie. Écrire, et recevoir de tels témoignages. Merci.
Je vous envoie deux livres «anciens» que j'aime. L'un, réédité en poche. Qu'en pensez-vous ?

Êtes-vous le fils ou le parent de Philippe Garcin, mort récemment d'un accident, et que j'ai lu naguère avec un intérêt aigu dans La N.R.F., les Lettres nouvelles et ailleurs ? De beaux essais clairs et savants. Vôtre,

Jacques Chessex.


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