Auteur : Pol Potier de Courcy
Date de saisie : 04/11/2011
Genre : Histoire
Editeur : PyréMonde, Monein, France
Collection : Arremoludas, n° 372
Prix : 26.95 € / 176.78 F
ISBN : 9782846187527
GENCOD : 9782846187527
Sorti le : 15/03/2011
Édité, remanié et réédité tout au long de la deuxième moitié du XIXe siècle (jusqu'en 1895) ce Nobiliaire et Armoriai est un des monuments de l'héraldique et de la généalogie de la Bretagne ancienne.
Cette nouvelle édition, entièrement recomposée se composera de quatre tomes (les trois tomes du Nobiliaire «stricto sensu» habituellement réédités, augmentés d'un quatrième reprenant la seconde partie du tome III de l'édition de 1890, - souvent tronquée ou oubliée -, qui se rapporte notamment aux nombreuses listes de titulaires de charges personnelles dans la Bretagne d'Ancien Régime.
Extrait de l'introduction de la première édition publiée en 1846.
Aujourd'hui que la noblesse n'a plus de privilèges, la publication d'un ouvrage héraldique peut sembler un anachronisme. Nous avons à dire quels motifs nous ont déterminé à tenter celle d'un NOBILIAIRE de BRETAGNE et à quelles conditions nous en avons compris l'utilité.
L'abolition des privilèges, dont on oublie trop souvent que la noblesse fit elle-même le généreux abandon dans la fameuse nuit du 4 août 1789, n'a pu effacer tout un passé de gloire et d'honneur, et les esprits les plus exigeants en fait d'égalité sociale ne sauraient repousser ces souvenirs de famille, ces hommages h la mémoire des aïeux, que résume en quelque sorte un Nobiliaire. Il y a plus : l'histoire particulière d'un corps illustre, que les anciennes constitutions de la Bretagne ont appelé pendant plusieurs siècles à exercer sur la société, une influence prépondérante, est assurément essentielle à connaître pour l'intelligence de l'histoire générale de notre province. Aussi est-ce une tâche sérieuse que nous avons entreprise. On ne trouvera dans notre travail, tout de patience et d'érudition, rien de frivole, rien d'asservi à des intérêts actuels ; nous n'avons pas voulu flatter les amours-propres, spéculer sur les vanités, ou chercher par des révélations malveillantes un succès de scandale. Notre but est plus élevé, et consiste à présenter le tableau historique de la noblesse bretonne. Nous avons donc cru devoir traiter avec le même soin les articles consacrés aux familles éteintes même depuis plusieurs siècles, et ceux relatifs aux familles existantes.
Si nous sommes parvenu au but que nous nous proposions, notre recueil sera aussi bien consulté par les archéologues et les historiens qui s'occupent de nos origines, que par les gentilshommes dont les noms y sont consignés. Il nous a semblé, de plus, qu'a une époque où l'absence de toute pénalité a favorisé les usurpations nobiliaires les plus audacieuses, un tableau complet de l'aristocratie bretonne, depuis ses commencements jusqu'à nos jours, aurait au moins le mérite de l'opportunité, et nous sommes fondé à croire, qu'en n'admettant dans notre travail que des faits prouvés par actes authentiques ou puisés à des sources toujours indiquées, nous aurons contribué, autant qu'il était en notre pouvoir, à rétablir la vérité si souvent altérée par de fausses et vaniteuses prétentions, que le ridicule ne suffit pas toujours à arrêter.
Si ces usurpations ne peuvent plus préjudicier aux intérêts généraux, il n'en a pas toujours été de même, et, à différentes époques, les souverains faisant droit aux justes doléances de ceux de leurs sujets sur lesquels retombait la charge de l'impôt, ordonnèrent des Réformations ou recherches des usurpateurs de noblesse
Ces recherches avaient pour but de découvrir les personnes qui s'étaient indûment affranchies du paiement des fouages, tailles, subsides et autres levées de deniers, dont la noblesse était exempte à cause de son obligation du service militaire. En interrogeant dans chaque paroisse des témoins choisis parmi les collecteurs, fabriqueurs ou autres paroissiens, les commissaires parvenaient à établir, d'après la notoriété publique, le rôle des personnes et des terres sujettes à l'impôt. Delà une meilleure répartition des charges entre les contribuants, dont le nombre s'augmentait de tous ceux dont les droits à l'exemption étaient mal fondés. D'un autre côté, les souverains, qui profitaient des amendes dont on frappait les usurpateurs, trouvèrent dans ces mesures une source de revenus dont ils n'abuseront que trop souvent.
La première réformation connue en Bretagne fut commencée en 1423, sous le règne du duc Jean V, et continuée pendant plusieurs années dans les neuf évêchés.
Une nouvelle recherche générale eut lieu sous le duc François en 1440 et son successeur Pierre, et se continua jusqu'en 1483 pour les évêchés de Rennes, Nantes, Saint-Malo et Dol.
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