Au loin... la danse / Passion du livre
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.. Au loin... la danse

Couverture du livre Au loin...  la danse

Auteur : Laurence Zordan

Date de saisie : 09/09/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Des femmes-Antoinette Fouque, Paris, France

Prix : 13.00 €

ISBN : 9782721006141

GENCOD : 9782721006141

Sorti le : 06/10/2011

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Une farouche opposante à un régime dictatorial s'imagine qu'elle danse pendant que son corps est impitoyablement torturé. A-t-elle parlé ou gardé secret le nom que l'on voulait lui arracher ? L'incertitude la taraudera à tout jamais. Une ballerine inspirée chute de façon ridicule lors du spectacle qui devait la consacrer. L'effroi, mystérieux, l'a fait dérisoirement glisser. Un médecin étranger, porteur d'une étrange conception de la révolution, tente de lui venir en aide. Il s'imagine fin stratège, mais ne cessera d'être manipulé. Et si le dernier mot revenait à une spécialiste du cerveau, maniant les sciences cognitives à des fins redoutables ? Entre la beauté de la grâce et la bassesse de la trahison, ceux qui croyaient aller d'un pas conquérant finissent par chanceler.
Un roman habité par une chorégraphie de la passion impossible et de la ferveur sans espoir.

L.Z.

Laurence Zordan, ancienne élève de l'École normale supérieure et de l'ENA, est agrégée de philosophie. Haut fonctionnaire, elle est spécialiste des questions de sécurité et de géostratégie. Elle a publié quatre romans, Des yeux pour mourir (2004), Le traitement (2006), A l'horizon d'un amour infini (2007) et Blottie (2008) aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque.





  • Les premières lignes

«Serena, ma fille, tu danses avec tes orteils, et pas avec ton âme !»
Des lèvres frémissantes avaient failli laisser passer cette critique, mais, juste à temps, elle s'était appliqué sa propre main sur la bouche, comme si elle avait eu peur d'avouer devant tous qu'elle est la mère de la talentueuse ballerine. C'est si stupide, dit ainsi ! Pourquoi ne pas crier «Mon enfant, tu ne sais pas danser comme si ta vie en dépendait !». Les autres parents s'imaginent qu'elle est crispée en raison de l'importance du concours. Leur petit univers de récompenses les empêche de voir la tragédie qui se déroule pourtant sous leurs yeux. Le monde vient de vaciller, à mesure que Serena exécutait des pas compliqués avec une réelle adresse de gymnaste.
«Tu n'es pas inspirée, tu ne connais pas l'envol ! Tu restes parmi tous ces médiocres qui ne sauront jamais rien de la beauté, celle qui sauve de la torture, celle qui retourne ses sortilèges contre les sévices de tous les bourreaux du monde.»
Elle pleure et tous croient que ce sont des larmes de joie devant le triomphe de sa fille qui vient d'adresser un gracieux salut au public qui la rappelle sur scène.
«Tu peux faire toutes les révérences imaginables, tu n'as aucun respect de ce que j'ai enduré pour toi. Je ne te l'ai jamais dit, mais tu aurais dû deviner. Tes bras aériens auraient dû effleurer ma souffrance.»
Mme Gradel ! Mme Gradel ! Voilà qu'on veut maintenant la photographier. Même en dissimulant instinctivement son visage, ceux qui lui veulent du mal peuvent la reconnaître à la forme de son poignet et de son coude, puisqu'ils ont brisé l'un et l'autre. Enfant, Serena demandait toujours : «Comment c'est arrivé, Maman ?» Et elle répondait qu'elle lui raconterait plus tard, quand elle serait grande. Et voilà que la jeune fille ne cherche même plus à savoir. Que sa mère soit estropiée ne doit pas l'émouvoir, du moment qu'elle a deux bras pour porter les filets à provisions et pour faire le ménage. Serena exécute son pas de danse comme une dactylo qui tape la lettre qu'on vient de lui confier. À quoi sert de danser si ce n'est pas pour défier la foudre ou prouver que l'on survit au massacre ? Serena donnera des spectacles. Le divertissement, l'homme incapable de rester seul dans une chambre... Et la femme, torturée dans une chambre prévue à cet effet ?... Serena a besoin de toutes ces paires d'yeux qui la regardent, mais que ferait-elle sous l'oeil d'une caméra qui scrute son agonie ? Des exercices, des performances convenues qui jamais ne sauront heurter de plein fouet la cruauté des tortionnaires. Que sais-tu de la cruauté ? Rien, si ce n'est, peut-être, une forme de discipline plus rigoureuse que les autres. De la douleur, tu ne connais que les cals aux pieds. Tu ignores tout d'un déferlement de sauvagerie. Tu crois qu'on peut se retirer dans les coulisses, mais ils viennent vous débusquer jusque derrière le plus épais rideau de scène. Que sais-tu des cauchemars qui font tâtonner dans la chambre pour forcer la porte d'une invisible cellule ? Et les pertes de mémoire, alors que le corps d'une danseuse retient d'imperceptibles mouvements ?


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