Digitales vagabondes (Document sonore) / Passion du livre

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.. Digitales vagabondes (Document sonore)

Couverture du livre Digitales vagabondes (Document sonore)

Auteur : Stéphanie Barbarou | Laurence Hartenstein

Préface : Gilles Clément

Date de saisie : 23/07/2011

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Ed. de l'Amandier, Paris, France

Prix : 28.00 €

ISBN : 9782355161490

GENCOD : 9782355161490

Sorti le : 06/07/2011

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Les chants du peuple miao, l'une des minorités ethniques les plus répandues en Chine, trouvent leur spécificité accentuée par un ton sans équivalent, l'utilisation d'un falsetto sonore mais restreint et d'un mélo aigu mais tendre caractérisé par une structure mélodique claire et complète avec des touches décoratives complexes et détaillées.
Pour atteindre ces chants, voici, dans ce livre sonore, tout ce que nous savons d'un voyage que nous n'avons pas fait, tous les quasi-carnets de route, quasi-hypothèses, quasi-route de la Soie, quasi-savoirs géopolitique, spatio-temporel, quasi-polyphonies à deux, quasi-stratégies botaniques en milieu hostile, quasi-didacticiel de chinois, quasi-relais, devenirs-plantes, sommets non gravis, récits impersonnels, microvoyages dans les friches du 93, sous le périphérique, dans une cascade artificielle, un pigeonnier troglodyte, la brume d'Ikaria, d'Anatolie, réunis ici.





  • Les premières lignes

Correspondance

Stéphanie Barbarou et Laurence Hartenstein se présentent : chômeuses. Comprendre : chercheuses, d'un objet qui, forcément, n'a pas encore de nom. Elles tracent l'économie même de leur art. Ça commence entre deux pavés de l'Est parisien. Achillée, ambroisie, euphorbe, plantin ? Gilles Clément et quelques autres nous ont appris que les mauvaises herbes sont bonnes pour les petits bobos et pour la planète, toutes petites et immenses par leurs cheminements silencieux.
Stéphanie et Laurence cheminent. Elles regardent l'horizon (par exemple une usine abandonnée) et des graines ailées s'envolent, elles regardent la rue et des chardons roulent comme Achille dans Homère, avec un sac plastique au nom - disons- d'un géant de la distribution. Et alors on est en Chine.
Elles chinent. Elles trouvent, quoi ? Des ouvertures, des tracés de voyages invisibles, des courants d'air planétaires, des flux détendus. Elles tendent leur toile d'araignée non pour attraper quoi que ce soit, mais pour faire voir des connexions, des liens, des lieux que nous autres, avec nos yeux à oeillères, nous séparons et nous déconnectons. La Toile, elles ratissent, le web ne leur fait pas peur : entre les fils, il y a de l'air, forcément. Pénélopes, filles de l'air, elles font et défont et il en reste toujours quelque chose.
De quoi il retourne ? Il leur arrive de retourner la carte du monde. Et, au fait, où est le centre ? Peut-être dans l'Empire du milieu, très loin à l'est de l'Est. Le voyage ne commence pas à la descente de l'avion, ni même au départ, à l'aéroport. Le voyage commence où je pose un pied, puis le second, et un oeil, et l'autre. Et le regard engendre la voix.
On a dit la voix, pas seulement le chant : la voix fait un peu de tout, récit, récitatif, lecture, respiration, raclement de gorge, et tout parle de ce qu'on a vécu et rencontré. En voix «off» s'enregistrent d'autres voix qui étaient là à ce moment-là. C'est ça, le monde. Le monde, c'est quelque chose qui n'est jamais fermé. C'est quelque chose qui circule, pour le meilleur et pour le pire. Laurence et Stéphanie ne sont pas dupes : si elles nous apprennent à respirer là-dedans, c'est bien parce qu'il y a de l'irrespirable. Soigneuses de ne pas atteindre leur but - ce serait en détruire l'objet -, à la recherche des chants d'amour des femmes miaos lancés du haut des montagnes, elles ont écrit, en sons et en images, leur Usage du monde.

Christine Friedel


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