Quand le rêve dessine un chemin / Passion du livre
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.. Quand le rêve dessine un chemin

Couverture du livre Quand le rêve dessine un chemin

Auteur : Etienne Perrot

Préface : Isabelle Lifran | Francine Perrot

Date de saisie : 23/07/2011

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : la Fontaine de Pierre, Paris, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 9782902707621

GENCOD : 9782902707621

Sorti le : 14/06/2011

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  • Le message sonore
Un message sonore de Etienne Perrot

  • La dédicace de l'auteur

Par mes études, je connaissais déjà un peu Jung, mais c'est par un livre que j'ai vraiment été touchée à un moment difficile de ma vie par sa psychologie des profondeurs. Ce livre était «Les Rêves et la Vie» d'Etienne Perrot, lequel devait un jour devenir mon interprète de rêves.
J'avais déjà cherché des réponses à mes questions sur le sens de ma vie du côté des religions puis de la psychanalyse. On me demandait de parler de moi, de mon passé et je me creusais la tête pour dire quelque chose. Personnellement je n'étais pas à l'aise avec la psychanalyse classique. Quand je commençai un travail sur mes rêves, je sentis immédiatement que j'étais à ma place dans cette voie de nature, de simplicité et de liberté, loin de toute chapelle et de tout a priori théorique. Ce n'était plus moi qui laborieusement allais à la recherche d'un sens, c'est lui qui à travers mes rêves et avec l'aide de mon interprète se révélait à moi pas à pas, et souvent avec beaucoup d'humour.
Certes le rêve est un maître exigeant, il nous secoue plus d'une fois et nous demande de sacrés revirements. Nous sommes libres de le suivre ou pas. Mais si on l'accueille, on comprend vite qu'il est relié à une sagesse, une intentionnalité mystérieuse, à ce que Jung a appelé le Soi, qui ne veut rien d'autre que vivifier notre existence. Son langage symbolique, tout comme celui des contes et des mythes, tellement ancien et universel, nous fait accéder au secret de la transformation, à une dimension intérieure élargie qui nous permet de goûter à cette intensité de vie dont parle Etienne Perrot.
Aussi je remercie aujourd'hui chaleureusement les éditeurs de la Fontaine de Pierre de m'avoir permis de rendre hommage à celui qui m'a tant apporté par ma participation à l'organisation de ce nouveau livre qui réunit un florilège de textes inédits allant de 1982 à la veille de sa mort en 1996.
Une fois de plus, Etienne Perrot, en nous dévoilant généreusement son propre accomplissement, éclairé par les enseignements nocturnes, et en nous présentant quelques rêves et expériences de ses élèves, veut nous montrer que pour chacun de nous le rêve peut aider à unifier les contradictions et nous acheminer vers le secret de notre mythe personnel. Bon chemin à vous !

Isabelle Lifran, auteur de l'avant-propos



  • La présentation de l'éditeur

Le rêve donne un accès privilégié au monde foisonnant de l'inconscient, à cette profondeur où la vie puise ses forces de renouvellement et d'élargissement. Pas à pas, il dessine un chemin éclairé, perceptible à la conscience. Jamais sentier battu, toujours individuel, il est chemin d'aventure, de poésie, de liberté. Et cette liberté, nous précise l'auteur, coïncide avec une nécessité pleine de sens, elle engage notre responsabilité à l'égard de la vie et des autres.
Avec sa générosité habituelle, Etienne Perrot nous livre son propre chemin, caractérisé jusqu'à son terme par un don total à la vie. Il révèle comment, en acceptant courageusement les contradictions qui émaillent toute vie, des tensions se résorbent, une unification se crée et une paix venue d'ailleurs envahit le coeur. Cet accomplissement se traduit, sous la plume inspirée de l'auteur, par une louange, un pur chant de reconnaissance, une incantation... qui n'en oublie pas moins l'humour très vivifiant du langage onirique.
Comme Mystique de la Terre, cet ouvrage est publié à titre posthume ; il rassemble des articles inédits, triés selon l'ordre chronologique.

Un CD, composé d'extraits de cinq entretiens avec Jacques Chancel diffusés sur France Inter, nous rend plus présente la personnalité de ce marcheur infatigable, ce poète des profondeurs, ce fidèle d'amour, comme lui-même aimait à se qualifier.

Etienne Perrot (1922-1996) et son épouse Francine Saint René Taillandier ont contribué à diffuser la pensée alchimique de Jung et de sa collaboratrice Marie-Louise von Franz par des traductions de leurs livres. Etienne Perrot, qui a été chargé de conférences à l'Institut C.G. Jung de Zurich, s'est particulièrement fait connaître par sa version du Yi King de Richard Wilhelm. Il devint aussi l'auteur de nombreux ouvrages sur l'alchimie et sur l'interprétation des rêves, livres édités pour la plupart aux éditions de la Fontaine de Pierre créées par lui et son épouse.





  • Les premières lignes

CONCERTINO POUR LA NUIT DE NOËL

Quel dessein poursuivons-nous, sinon de faire éclore le chant de l'âme ? Les anciens alchimistes, nos prédécesseurs, n'avaient pas pour rien donné à leur grand oeuvre le nom d'art de musique. Changer les pierres muettes, massives, opaques que sont souvent les humains en instruments vibrants ; pour cela, creuser les corps, les tendre de cordes faites d'une sensibilité affinée par l'exploration intérieure, jusqu'à ce qu'elles résonnent du souffle montant du fond, éveillé par le colloque d'amour : tel est le programme dont l'Alchimie, qui est la Nature créatrice, a fait de nous les exécutants. S'il se réalise, le fracas métallique de nos cités se doublera d'une musique secrète qui finira par le transmuer en harmonie, comme jadis les fauves furent apaisés par Orphée. Cette musique sera celle d'êtres frémissants au vent de l'inspiration, vivantes harpes éoliennes.
Entrer dans la voie de la transformation avec un compagnon ou une compagne qui nous dirige vers nous-mêmes, c'est nous ouvrir à une irradiation, celle qui émane de la profondeur de l'âme. Une musique silencieuse naît alors, et c'est la musique des sphères que Pythagore entendait.
En chacun, le chant possède un timbre et un registre originaux : l'unique souffle créateur, traversant des canaux multiples, se diversifie pour former une symphonie, une cantate d'amour. Il aura fallu pour cela et il aura suffi que des individus se placent dans un champ de vibrations qui est leur propre essence intime, bain de régénération et source de musique. On le nomme aujourd'hui, sans doute par antiphrase, «inconscient». Là, les instruments muets deviennent sonores. Le royaume des enchantements est désormais leur pays. La vie humaine devient mélodie, poème, danse de mort et de vie, danse d'amour, arrachée à la grisaille et à l'absurde, pour se faire valeur et signification, harmonie et parfum.
Les alchimistes affirmaient comme ambition : «spiritualiser le corps et corporifier l'esprit». Pour moi, l'accent est maintenant mis sur le second terme : mon effort doit porter sur la descente de l'esprit et sa présence dans le domaine terrestre ; la musique, art du ciel, doit s'incarner pour refleurir dans des corps devenus instruments dociles.
Ceux qu'on appelle musiciens sont des anges qui nous font sortir dans l'invisible. Pendant les longues années d'obscurité, la musique me fut non seulement une porte, mais un véhicule, une puissante paire d'ailes me soulevant et m'emportant à mille lieues au-dessus de mes misères. Même si elle ne pouvait m'en libérer pour de bon, elle attestait la réalité d'un autre monde que, plus tard, l'alchimie m'apprendrait à changer, selon sa promesse, en ciel terrestre.
Ces hommes m'ont fait approcher du secret dont Beethoven disait : «La musique est un savoir surpassant toute sagesse et toute philosophie». C'est avec gratitude que je pense à ces habitants d'Ailleurs qui ont fait de l'ignorant que j'étais leur concitoyen : avant tout, Beethoven, Mozart, Schubert, Bach (je les range dans l'ordre de ma chronologie personnelle). Les trois derniers m'ont ouvert le ciel, avec, chez Schubert, la tentation d'abandonner la terre ; le premier, Beethoven, a contribué à éveiller en moi toute la puissance vitale que renferme l'homme et qui se ramasse, par moments, en aspiration à l'infini, telle la flèche du Sagittaire, patron astrologique de l'auteur de la Neuvième symphonie, qui est aussi le mien.
Mais, autant mettre une mélodie sur un poème parfait me semble un pléonasme, autant il me paraît vain de commenter la musique par des mots et je reprendrai volontiers l'anecdote connue de Beethoven à qui l'on demande le sens de sa sonate et qui, pour toute réponse, la rejoue. Je m'effacerai donc pour laisser chanter des phrases qui ont éclairé mes ténèbres, charmé mon angoisse, ordonné mon chaos et m'ont prodigué leur consolation.
Aujourd'hui, alors que ma carrière terrestre est bien avancée, la musique des anges a perdu une part de son attrait et je lui préfère le cantique des créatures terrestres. À présent, ce qui me touche le plus, ce sont peut-être les notes impromptues que lance, par intervalles, le rossignol du Japon trouvé un matin de septembre dans notre appartement où il était entré de nuit. Gouttes de lumière, rosée de miel, son chant est à l'image de notre oeuvre ; il est divin et terrestre et goûté des seuls enfants.
Il me ramène à mon adolescence rêveuse que berçait un air ancien évoquant le chanteur de nos nuits d'été.

27 décembre 1982


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