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Une amitié absolue

Couverture du livre Une amitié absolue

Auteur : John Le Carré

Traducteur : Isabelle Perrin | Mimi Perrin

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Policiers

Editeur : Seuil, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-02-063343-7

GENCOD : 9782020633437


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama

A l'instar de la plupart de ses livres, le dix-neuvième roman de John Le Carré, Une amitié absolue, commence par un appel. La cinquantaine bien tassée, Ted Mundy, son héros, est relancé par son vieil ami Sasha qu'il n'a pas vu depuis dix ans. Trois cent soixante-dix pages plus loin, la dernière image, celle que le lecteur emportera, vibre de toute l'ambiguïté dont l'auteur est capable : sur une colline, au Pakistan, des tombes chrétiennes fracassées sont devenues le terrain de jeu d'un essaim d'enfants. Entre ces deux moments, le surgissement du passé et son engloutissement, John Le Carré aura balayé quarante ans de l'histoire européenne et mondiale. Et mené tambour battant, conteur virtuose et styliste affûté, le récit tumultueux d'une irrésistible amitié. Celle de Mundy et de Sasha... Comme un poisson dans l'eau trouble, John Le Carré se régale à décrire l'univers du renseignement, le quotidien brumeux d'une guerre froide de plus en plus dépourvue de sens. Saveur d'une plume ravageuse, empathie pour ses personnages qui lui ressemblent d'ailleurs souvent (en particulier Mundy), distance piquante de l'humour, Le Carré retrouve dans cette partie les figures majeures de son oeuvre... Emporté par la rage, Le Carré s'emballe, force le trait, n'hésite pas à prendre le chemin de la satire et de la comédie noire. A 72 ans, l'homme n'a rien perdu de son talent. Le temps simplement lui est compté. Alors il fonce. Et tant pis si certains de ses compatriotes ont été choqués par la virulence de la charge. Les polémiques après tout sont le signe irréfutable que son roman est, au sens propre, passionnant.


  • La revue de presse Thierry Gandillot - L'Express

John le Carré est en colère. Très en colère. Depuis plusieurs mois, il occupe régulièrement les Unes des journaux du monde entier avec ses pamphlets anti-Bush, antimondialisation, antimultinationales. Après La Constance du jardinier, brûlot ravageur dénonçant le cynisme des firmes pharmaceutiques, le voici qui tire à boulets rouges sur les tentations hégémoniques de l'hyperpuissance américaine, les mensonges de l'administration Bush et de son laquais Blair, l'arrogance des «zélotes puritains» installés à la Maison-Blanche. C'est la guerre en Irak qui a embrasé son inspiration dévastatrice : «Une guerre coloniale à l'ancienne pour le pétrole, déguisée en croisade pour la liberté et le mode de vie occidental et menée par une clique d'illuminés de la politique, des judéo-chrétiens va-t-en-guerre qui ont pris les médias en otages et exploité la paranoïa américaine post-11 septembre.» Quand John le Carré bombarde au napalm, il arrose large... Jusqu'aux dernières lignes, l'ombre de Ben Laden plane sur ce roman magistral à la noirceur délétère.


  • La revue de presse Didier Sénécal - Lire

Il y a un an et demi, John le Carré a piqué un coup de sang à propos de l'Irak. Dans un article retentissant, il a condamné l'unilatéralisme de Bush et le suivisme de son caniche, un certain Tony Blair. Il était loin d'être le seul intellectuel britannique à se rallier aux positions défendues par Chirac et Schroeder... Si Une amitié absolue possède la même intensité que les chefs-d'oeuvre d'autrefois (de L'espion qui venait du froid aux Gens de Smiley), c'est parce que Le Carré ne se contente pas de ficeler une intrigue bien tordue comme il les aime pour ajouter un tome à sa bibliographie: il s'agit pour lui de dénoncer un danger actuel, un ennemi rampant, et de transmettre à ses lecteurs sa révolte, son amertume. C'est pourquoi les aventures de Ted Mundy ont une allure de credo: Le Carré croit à l'amitié, au sens de l'honneur, à la fraternité. Il croit que le mensonge et la tromperie sont des armes légitimes si un idéal supérieur les justifie, mais que le lobby du pétrole ne mérite pas qu'on lui sacrifie une seule goutte de sang. Et sa triste histoire s'achève par un hymne à la gloire des derniers résistants de la planète : «Seule la France, avec sa truculence habituelle, refusa de se laisser émouvoir. [...] Des bouteilles de vins français furent de nouveau vidées dans les caniveaux américains [...] et le drapeau tricolore solennellement brûlé dans les rues de Washington.» Des phrases qui donnent la mesure de sa rage : il faut vraiment que la coupe déborde pour qu'un Anglais nous adresse de pareils compliments !


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