Itinérance et pas. Volume 1, Un autre néoplatonisme / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Itinérance et pas. Volume 1, Un autre néoplatonisme

Couverture du livre Itinérance et pas. Volume 1, Un autre néoplatonisme

Auteur : Patrick Wateau

Date de saisie : 08/07/2011

Genre : Littérature, essais

Editeur : Ed. d'Ecarts, Dol-de-Bretagne, France

Collection : Diasthème

Prix : 25.00 €

ISBN : 978-2-912824-97-4

GENCOD : 9782912824974

Sorti le : 28/01/2011

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Tout ce sur quoi le dicible n'a pas encore mordu est-il l'indicible ? Une partie seulement ? Rien de lui ? Faut-il que l'Expérience trouve à s'exprimer en modifiant les angles et en creusant l'écart entre le Principe et le monde ? Car l'appelant n'est pas opposé à l'abstraction réflexive, mais il veut d'abord qu'elle ne soit pas le point de départ ; il veut qu'elle reconnaisse son caractère de mouvement second, possible seulement si le mouvement premier donne force au silence de la nescience et maintient là ses exigences.





  • Les premières lignes

Il est des rencontres malheureuses entre poètes et philosophes. En 1801, après la lecture de celui qui pensait avoir aboli le savoir métaphysique, Kleist vécut une véritable détresse et «l'impression de devenir une de ces victimes de la folie comme la philosophie de Kant en a tant sur la conscience». Ce bouleversement lui révèle l'idée «qu'ici-bas nous ne savons rien, absolument rien, de la vérité, que ce que nous nommons ici vérité porte un autre nom après la mort et que, par conséquent, vains et stériles sont les efforts visant à nous acquérir un bien personnel qui nous accompagne jusque dans la tombe - cette pensée m'a ébranlé dans le sanctuaire de mon âme. Mon seul But, mon but suprême a disparu, et je n'en ai plus». Face au poète de la fragilaria se dresse le critique de la raison pure, celui qui nous interdit de dépasser, dans nos jugements, les limites de l'entendement, mais celui aussi pour qui nous ne pouvons nous passer de l'idée de Dieu qui transcende l'usage empirique de l'entendement. Ceci demeure un obstacle. Pourtant, lorsque Kleist se sentit délivré de l'obligation de poser le problème en termes kantiens, une partie de la solution lui apparut : la poésie comme intention dans la langue. Un tel événement est signifié quand il respecte dans l'ordre de l'énoncé ce qui le précède dans l'ordre d'une signification vraie, aspirant au réel de ce qui est dit. Chez les romantiques allemands, cette situation de décision dans l'incertain du langage prend la forme de l'analogia symboli, décision entendue comme celle des premiers poètes grecs créant et fixant les mythes. Ici, l'analogie rend possible l'idée d'une participation dans l'ordre de l'immanence. Pour les Grecs, le savoir est étonnamment devant la nature et contemplation. D'où l'importance d'une pensée naissant à même la poésie. Le Grec assigne à chaque chose une essence, à chaque cause une fin. La seule difficulté vient de l'impossibilité d'exprimer le Principe dans les mots, le réel dans le communicable. Cette pensée se transforme en un système d'essences qualitatives qui tendent si fort à l'être, que l'existence semble s'évanouir dans les qualités qui la déterminent. La solution contemplative, unitive et silencieuse, se voue à un inatteignable affirmé dans l'extinction de la parole. Une solution tardive vouera le discours à l'approximatif et à la dialectique sophistique du vrai et du faux. L'être dira encore l'unité, mais l'unité idéalement relative, impliquant une multiplicité fondamentale, à savoir celles des essences diverses, recevant ou susceptibles de recevoir l'existence (et de la recevoir selon une manière propre à chacune). Face à ces énoncés du banal lieu commun, affirmer le principe originel devient la plus poignante des exigences. Hier, pensée et chose en soi, conçues de manière kantienne, menaient à un agnosticisme n'assurant plus les raccords; aujourd'hui, parce qu'elle ne retrouve pas l'unité de ses notions, l'ontologie se veut pluri-régionale, résolument non unitaire. Mais l'inadéquation entre unité et multiplicité n'empêche pas la nostalgie de l'analogie. L'adéquation totale supprime la poésie au profit du savoir. L'absence d'analogie provoque l'effondrement.


Copyright : Studio 108 2004-2017 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli