Auteur : Françoise Molénat | Luc Rogiers
Date de saisie : 24/05/2011
Genre : Guides et conseils pratiques
Editeur : Erès, Toulouse, France
Collection : Prévention en maternité
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 9782749213736
GENCOD : 9782749213736
Sorti le : 19/05/2011
Le concept de stress se situe à la charnière du somatique et du psychique, à la croisée des disciplines, et suscite le débat. Depuis dix ans, le stress lors de la grossesse est incriminé non seulement comme cause de prématurité, mais également comme perturbateur du développement ultérieur de l'enfant attendu. Ces études deviennent si précises qu'elles ont de quoi effrayer. Elles mettent les professionnels de la naissance au défi d'améliorer la sécurité émotionnelle de la femme enceinte, sans oublier la part positive du stress comme facteur d'adaptation et de signal.
Inscrit dans la confrontation entre sciences fondamentales, expériences cliniques et témoignages personnalisés, cet ouvrage reflète les réalités de travail et les interrogations actuelles. Il illustre la nécessité de personnaliser la prévention, de l'insérer au coeur de la prise en charge individualisée de la grossesse et surtout de l'envisager par son versant positif, celui de la sécurité émotionnelle. La source de cette sécurité est pour la femme enceinte, pour le couple, l'éprouvé d'être relié à des personnes qui associent leurs compétences et leurs préoccupations en vue de réunir les meilleures conditions de naissance.
Luc Roegiers à Bruxelles et Françoise Molénat à Montpellier sont pédopsychiatres en périnatalité.
Avec la participation de : Michel Boulvain, Gilles Cambonie, Corinne Chanal, Jocelyne Clutier-Seguin, Frédéric Debiève, Catherine Donner, Anne Dubey-Morard, Jacques Dubourdieu, Manuella Epiney, Anne Evrard, Françoise Gonnaud, Pascale Gustin, Jacky Israël, Christine Kirkpatrick, Beryl Koener, Rafi Kojayan, Iona Le Scouëzec, Dominique Mahieu-Caputo, Jean-Marie Maloteaux, Brigitte Zoé Martin, Élisabeth Maurel-Arrighi, Sylvain Missonnier, Francis Puech, Zarina Qayoom, Lionel Reyftmann, Bertrand Riff, Joël Roy, Sandra Rusconi Serpa, Ana Sancho Rossignol, Martin St-André, Martine Ségueilla, Marie-José Soubieux, Francesca Suardi, Rose-Marie Toubin, Julianna Vamos, Bea Vandenbergh, Reine Vander Linden, Jean-Pierre Visier.
Extrait de l'avant-propos de Francis Puech et Françoise Molénat
Du corps à l'esprit : le stress, pont entre les disciplines ?
Le monde professionnel de la naissance est largement convaincu de la réalité du stress, de ses effets sur le déroulement obstétrical, et plus confusément sur l'équilibre ultérieur des liens familiaux. Cette conviction a reposé longtemps sur l'intuition clinique, mais n'avait pu jusqu'alors s'enrichir massivement, au prix d'une évolution consistante des pratiques, des multiples travaux y donnant une valeur scientifique. Mises de côté faute d'outils adéquats pour aborder avec rigueur la question des émotions négatives, ces études sont restées le plus souvent lettre morte, et figurent peu dans l'enseignement médical académique.
En même temps, l'utilité du stress comme facteur d'adaptation face à l'imprévu relève de l'expérience quotidienne. Des travaux très récents insistent sur la nécessité vitale du stress chez l'enfant au cours de l'accouchement, afin de faciliter le passage vers un environnement radicalement neuf. Où se situe donc la limite entre intervenir - comment ? - et laisser faire ? Pourtant, la fréquence exponentielle des consultations aux services d'urgence pédiatrique dans les deux premiers mois du nourrisson, la plupart sans motif organique avéré, signe le taux d'anxiété chez certains parents. Faute d'une écoute prénatale suffisante, ils n'ont pu réorganiser leur propre système de protection défaillant face au stress, ni organiser les points d'appui nécessaires. Parfois ils ont pu souffrir d'une perte de confiance en eux-mêmes liée au déroulement obstétrical ou à un échec d'allaitement.
Tel est l'objet de cet ouvrage. Les arguments évidents de santé publique ne suffisent pas, l'intuition clinique non plus. Les connaissances biologiques récentes emporteront-elles la conviction pour qu'une démarche de soins périnataux s'inscrive plus profondément dans la charnière entre biologie et activité psychique que constitue le stress ? En attendant d'en évaluer les effets à moyen terme, la meilleure sécurité des professionnels eux-mêmes peut-elle améliorer la protection des femmes enceintes, dans des conditions d'exercice mieux balisées par les directives du dernier Plan périnatalité en France ? On sait qu'un des obstacles réside dans la difficile évaluation de processus de communication complexes, même si le recul a permis d'affirmer le gain financier de programmes d'intervention précoce lancés voici une vingtaine d'années aux États-Unis. Un retour d'information s'imposera, car l'effet des pratiques ne s'évalue que rarement dans l'immédiat. Le développement de l'enfant et la solidité des places parentales en rendront compte, malgré la multiplicité des facteurs enjeu dans cette sécurité... Mais surtout, c'est le maintien de la confiance chez les parents dans le système de soins qui peut permettre d'éviter le repli dans l'isolement. Dans l'attente, on peut faire l'hypothèse que la sécurité des professionnels, lorsqu'ils bénéficient des outils nécessaires et sortent eux-mêmes de leur isolement, constitue d'ores et déjà un facteur d'allégement du stress parental.
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