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Poker : entretiens avec la revue Ligne de risque

Couverture du livre Poker : entretiens avec la revue Ligne de risque

Auteur : Philippe Sollers

Date de saisie : 19/08/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : L'Infini

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-07-077401-2

GENCOD : 9782070774012


  • La présentation de l'éditeur

«Nos entretiens avec Sollers, depuis huit ans, portent sur ce qu'il appelle l'"ouverture de l'existence poétique". Cette dimension s'éprouve dans la solitude par une écoute intense. Hors des coordonnées de la reconnaissance, hors de toute comptabilité, elle se déploie en tramant toutes les expériences du passé et, en même temps, indique des libertés futures.»

Yannick Haenel, François Meyronnis.





  • La revue de presse Aude Lancelin - Le Nouvel Observateur du 9 juin 2005

Insurrection contre la «médiocrité de la vie littéraire», la revue «Ligne de risque» naît en 1997 de la rencontre entre deux écrivains. Yannick Haenel n'a pas 30 ans. Proche de Louis-René des Forêts, il se cherche du côté de Blanchot, Klossowski et des vieux numéros de «Tel Quel». François Meyronnis, de cinq ans son aîné, s'apprête à publier chez Philippe Sollers «Ma tête en liberté», la plus singulière tentative de repenser la «littérature» comme moment révolutionnaire, depuis la fin des avant-gardes. Erudit du genre éblouissant, François Meyronnis multiplie les hybridations entre Heidegger, Lautréamont, Breton... «L'Axe du Néant», son second manuel de guérilla philosophique, en naît en 2003.
Huit ans après sa fondation, la revue, où de notoires figures parisiennes se bousculent désormais pour écrire, livre son premier recueil, tandis que Philippe Sollers publie «Poker», ses entretiens avec «Ligne de risque»...


  • La revue de presse Jacques-Pierre Amette - Le Point du 21 avril 2005

On n'en finit pas avec Sollers. Il divise, irrite les uns, enthousiasme les autres, fâche, ennuie, lasse, surprend, insupporte, trouble. Champion de l'égotisme à la française, il parle de lui à perte de vue comme Stendhal. Dans les années 70, il s'érige avec brio chef de file de l'avant-garde à la tête de la revue Tel quel, définitivement entrée dans l'Histoire. Il est soutenu par Roland Barthes, Robbe-Grillet, de jeunes écrivains, Jean-Edern Hallier ou Jean-René Huguenin. Tout ce monde-là secoue le cocotier de la vieillerie.

Assagi, et même d'un goût classique surveillé, Sollers, 69 ans, tient, dans Le Journal du dimanche, un carnet d'actualités digne d'un Mauriac en plus insurgé, gourmand, plus coloré ; une espèce de rire gamin se devine entre les lignes. Rosseries, visions, heurts, éveils, lectures, c'est intense, concassé ; il commente les catastrophes, les stars, les modes, le train du monde, enragé, drôle. Mouvement, curiosité, vitesse : très en forme... L'ancien trublion des années 70 s'inquiète devant les légions de nouveaux barbares : médias qui malmènent l'individu dans sa singularité, édition qui se rue sur le commerce bas de gamme, décervelage planétaire télévisuel digne du père Ubu. On prend ou on laisse... Il fermente, Sollers, révolté souriant ; il s'insurge, négligé et impromptu en apparence, et nous entraîne là où nous ne voulions pas aller... Son intelligence gamine et irréductible exprime à la fois puissance du mot et impuissance devant l'énorme poussée historique. Il irritera ceux qui prennent la littérature pour un simple passe-temps... Enfin, n'oublions pas que Sollers a écrit de petits récits qui sentent bon : «Le lys d'or», «Studio», «La fête à Venise», bijoux indiscrets où il s'abandonne aux voluptés de l'improvisation heureuse, capable de saisir ingénument le plaisir d'être au monde dans la nostalgie d'un autre qui a disparu comme Cythère, comme les nymphes et les dieux, et que nous déserterons un jour.


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