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Un détail nazi dans la pensée de Carl Schmitt

Couverture du livre Un détail nazi dans la pensée de Carl Schmitt

Auteur : Yves Charles Zarka

Traducteur : Denis Trierweiler

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : PUF, Paris, France

Collection : Fondements de la politique. Intervention philosophique

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-13-055027-3

GENCOD : 9782130550273


  • La dédicace de l'auteur

Camps de concentration. Camps d'extermination. Comment ont-ils été possibles ? Comment est-on passé de la séparation, de l'isolement, d'une catégorie d'êtres humains parqués à leur éradication, extermination comme solution finale ? Ces questions qui obsèdent encore notre présent sont abordées sous un aspect particulier. Parquer, exterminer ne furent pas les effets d'un acte de folie individuel ou collectif ponctuel. Il a donc bien fallu qu'ils fussent conçus, accrédités, justifiés comme utiles, souhaitables, nécessaires. Dans ce moment de la justification, plus précisément de la «justification juridique», Carl Schmitt a joué un rôle important. En faisant jouer la notion de l'ennemi substantiel, le juif, l'ennemi de race et de sang, il a entrepris de justifier les lois de discrimination raciale de Nuremberg du 15 septembre 1935, qui mettent en place la séparation : parquer, pour éviter la contagion, la dégradation, l'altération de la race allemande. Mais, cette justification par la protection contre l'ennemi de race et de sang prépare implicitement l'étape suivante : la sortie des juifs hors du droit, hors de l'humain même. Il faut exterminer l'ennemi substantiel, irréductible, de race et de sang.

Carl Schmitt le nazi fut ainsi l'idéologue des pires lois racistes du régime de Hitler. Cet ouvrage entend le prouver et prouver également que toute sa pensée n'en sort pas indemne.

Yves Charles Zarka



  • La présentation de l'éditeur

La philosophie a-t-elle quelque chose à dire sur le monde contemporain ? Peut-elle intervenir dans des débats publics pour contribuer à éclaircir leurs enjeux et aider à mieux définir les conditions d'une réponse ? La collection "Intervention philosophique" a pour ambition de montrer que l'on peut répondre positivement à ces deux questions. Il n'y a pas de philosophie sans exercice de la raison. Mais outre ses usages spéculatif et pratique, la raison philosophique a également une fonction de critique publique. C'est cet effet public de la philosophie qu'il s'agit de restituer par la publication de textes prenant position sur des questions d'actualité. Camps de concentration. Camps d'extermination. Comment ont-ils été possibles ? Comment est-on passé de la séparation, de l'isolement d'une catégorie d'êtres humains parqués à leur éradication, extermination comme solution finale ? Ces questions qui obsèdent encore notre présent sont abordées sous un aspect particulier. Parquer, exterminer ne furent pas les effets d'un acte de folie individuel ou collectif ponctuel. Il a donc bien fallu qu'ils fussent conçus, accrédités, justifiés comme utiles, souhaitables, nécessaires. Dans ce moment de la justification, plus précisément de la "justification juridique", Carl Schmitt a joué un rôle important. En faisant jouer la notion de l'ennemi substantiel, le Juif, l'ennemi de race et de sang, il a entrepris de justifier les lois de discrimination raciale de Nuremberg du 15 septembre 1935, qui mettent en place la séparation parquer, pour éviter la contagion, la dégradation, l'altération de la race allemande. Mais cette justification par la protection contre l'ennemi de race et de sang prépare implicitement l'étape suivante : la sortie des Juifs hors du droit, hors de l'humain même. Il faut exterminer l'ennemi substantiel, irréductible, de race et de sang. Carl Schmitt le nazi fut ainsi l'idéologue des pires lois racistes du régime de Hitler. Cet ouvrage entend le prouver et prouver également que toute sa pensée n'en sort pas indemne.

Yves Charles Zarka est directeur de recherche au CNRS et directeur de la revue Cités (PUF). Il enseigne la philosophie politique moderne et contemporaine à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a récemment publié Difficile tolérance (Paris, PUF, 2004), Faut-il réformer la loi de 1905 (Paris, PUF, 2005).





  • La revue de presse Pierre-André Taguieff - L'Express du 2 mai 2005

Depuis quelques années, le nom de Carl Schmitt a fait une entrée surprenante dans la rhétorique de l'«antimondialisme». Les théoriciens des «nouvelles radicalités», dont Etienne Balibar et Toni Negri, ne se contentent pas de citer l'ancienne référence de la nouvelle droite dans les années 1970 comme un penseur d'importance ; ils s'inspirent de sa critique du libéralisme et de la démocratie parlementaire.

Ces nouveaux disciples précisent que les textes prouvant l'engagement nazi de Schmitt sont bien connus et dénoncés depuis longtemps. Affirmation fausse : le philosophe Yves Charles Zarka publie un court et percutant essai révélant la manière dont le juriste justifiait les lois de Nuremberg du 15 septembre 1935, sur la base de deux textes publiés en octobre et novembre de la même année et inédits en français. Le mérite de Zarka est triple. En premier lieu, il montre que l'engagement de Schmitt, loin de relever de l'incident de parcours individuel, fut théorisé et justifié par des écrits imprégnés de racisme biologique, qui appartiennent à son oeuvre philosophique... Second mérite, Zarka donne à lire des textes qui, longtemps dissimulés, prouvent l'engagement total de Schmitt dans le mouvement hitlérien et dans la propagande antisémite. Ceux qui continuent de tenir Schmitt pour un philosophe politique de grande envergure doivent expliquer comment un aussi «grand penseur» a pu se faire propagandiste de bas étage. Le troisième mérite de Zarka tient à ce qu'il prend au sérieux et remet dans leur contexte ces écrits qui gênent tant les schmittiens de droite et de gauche. Ce spécialiste de Hobbes attire l'attention sur le fait que Schmitt applique dans ses écrits d'aspect académique le «principe de purification raciale» des textes qu'il cite ou commente... Tout en comprenant la colère de Zarka devant la banalisation universitaire et le blanchiment néogauchiste d'un juriste qui fut nazi et resta antisémite, on peut cependant considérer qu'il se laisse parfois emporter par son indignation...


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