Noirlac / Passion du livre

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.. Noirlac

Couverture du livre Noirlac

Auteur : Service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel

Date de saisie : 16/03/2011

Genre : Architecture

Editeur : Inventaire général du Patrimoine culturel, Paris | Lieux dits, Lyon, France

Collection : Images du patrimoine

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782914528979

GENCOD : 9782914528979

Sorti le : 10/03/2011

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  • La présentation de l'éditeur

Vestige insigne de l'un des «plus beaux ensembles monastiques qui soient en France» selon Dom Anselme Dimier, l'abbaye de Noirlac est l'une des quatorze «soeurs» cisterciennes de l'ancien diocèse de Bourges, dans le Berry. Témoignant de l'essor prodigieux que le mouvement cistercien connaît sous l'égide de saint Bernard (1090-1153), l'abbaye de Noirlac, fondée en 1136, puise son origine et son sens au coeur de ce mouvement spirituel essentiel de l'Europe du Moyen Âge. Ses différents bâtiments, homogènes, suivent les principes architecturaux et fonctionnels de l'ordre cistercien.
Ayant traversé plus de huit siècles, transformée à un moment de son histoire, voire malmenée puis laissée à l'abandon, l'abbaye a connu au xxe siècle une véritable renaissance, grâce à un chantier de restauration tout autant exemplaire que considérable. Au cours de celui-ci, une commande exceptionnelle a vu le jour en 1975, qui aboutit à la réalisation et à la pose d'un cycle de 63 vitraux conçus par l'artiste français Jean-Pierre Raynaud, né en 1939. Cet ensemble de verrières, éminemment plastique, est considéré comme l'une des interventions contemporaines les plus réussies au sein d'un édifice ancien. L'ouvrage présente pour la première fois au lecteur une étude exhaustive des vitraux créés par Jean-Pierre Raynaud et fait un point complet sur la construction cistercienne, en suivant le fil de la visite du site. Les transformations opérées au XIXe siècle, après que l'abbaye a été vendue à la Révolution et a accueilli une manufacture de porcelaine, sont également analysées, illustrées de documents photographiques d'époque.

L'Inventaire recense, étudie et fait connaître le patrimoine artistique de la France. Les Images du Patrimoine présentent une sélection des plus beaux monuments et oeuvres de chaque région.





  • Les premières lignes

Histoire du monastère cistercien, de sa fondation au XIIe siècle à sa vente comme bien national en 1790

L'abbaye de Noirlac est aujourd'hui réputée comme l'une des mieux préservées en France. Elle conserve des structures médiévales réaménagées à l'époque moderne et c'est l'histoire de la vie monastique cistercienne du XIIe siècle au XVIIIe siècle qui est contée par ses bâtiments. Elle a pourtant connu une histoire mouvementée.

Du Moyen Âge à l'époque contemporaine, elle a fait l'objet de transformations, d'embellissements et de restaurations, mais aussi de destructions. En outre, depuis l'extinction de la communauté religieuse et la vente de ses bâtiments comme Bien national à la Révolution - effectuée heureusement sans qu'elle soit divisée en lots - elle a reçu des affectations très diverses, abritant entre autres une usine de fabrication de porcelaine, un orphelinat, un camp de réfugiés espagnols et une annexe de l'hospice de Saint-Amand. De façon paradoxale, ces différentes affectations, sans lien avec le rôle originel du monument, ont permis sa relative bonne conservation puisque les bâtiments furent réutilisés et donc préservés, même si parfois ils furent très endommagés pour être finalement restaurés.

Le monastère cistercien, de sa fondation à l'instauration de la commende la fondation de l'abbaye de La Maison-Dieu près du lac Noir (Domus Dei de Nigro-Lacu)
La date de fondation de l'abbaye a fait l'objet de débats entre les érudits, deux dates ayant été avancées. Pour les uns, l'abbaye fut fondée en 1136, pour les autres, sa fondation, plus récente, n'est pas antérieure à 1150.
En 1689, dans son Histoire de Berry, Gaspar Thomas de la Thaumassière plaçait la fondation de l'abbaye de Noirlac en 1150 et l'attribuait à Ebbes de Déols, seigneur de Charenton. Cette fondation aurait été confirmée neuf ans après par son fils. Une trentaine d'années plus tard, la Gallia Christiana fixe aussi la fondation en 1150, date étayée par la publication de la donation d'Ebbes de Charenton aux moines de Clairvaux, à charge de fonder une abbaye dédiée à la Bienheureuse Marie mère de Dieu sur le territoire de Bruère au lieu dit La Maison-Dieu (ad faciendam abbatiam, in loco qui dicitur Domus Dei, in territorio Brioriae, in honore Beatae Mariae Dei Genitricis). Pourtant certains compilateurs du XVIIe siècle, comme G. Jongelinus, retiennent plutôt la date de 1136 pour la fondation. Une date que semble confirmer la liste des abbés de Noirlac dressée en 1746 par l'abbé Chevillard citant le premier abbé, Robert, dès 1136. Plusieurs textes médiévaux mentionnent également Robert, premier abbé de Noirlac, proche de saint Bernard. La Vita quarto, composée vers 1180 par Jean l'Ermite, évoque l'abbé Robert, et Conrad Eberbach, rédacteur du Grand exorde de Citeaux, rédigé après 1180 et avant 1210, explique que Robert de Châtillon, «neveu» de saint Bernard, est devenu abbé de La Maison-Dieu.

Le paradoxe que constitue l'écart de quatorze ans entre le début de l'abbatiat de Robert en 1136 et la date de 1150 reconnue comme étant celle de la fondation par plusieurs érudits a été résolu par les historiens de l'abbaye René Crozet et Marcel Aubert, qui ont repris à leur compte une position intermédiaire d'abord choisie par J. Villepelet et H. Raffinat permettant de concilier les deux dates. Un groupe de moines, placé sous l'autorité de Robert, serait bien arrivé de Clairvaux pour s'établir à Bruère en 1136, mais c'est la donation d'Ebbes de Charenton effectuée en 1150 seulement qui aurait permis la constitution du premier patrimoine de la communauté jusque là sans ressource ni véritable statut. Pour preuve, la lettre adressée par saint Bernard vers 1149 à l'abbé de Saint-Denis, Suger, alors régent du royaume, lettre demandant du pain pour les moines de Noirlac. En réalité cette requête ne prouve pas l'absence de statut véritable pour l'abbaye car les débuts de la plupart des fondations cisterciennes furent difficiles et il n'est pas impossible que les moines de Noirlac aient - à l'instar de ceux de Clairvaux - manqué de moyens de subsistance, particulièrement de nourriture, durant les premières années d'existence de l'abbaye.


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