Auteur : Dane Cuypers
Date de saisie : 17/02/2011
Genre : Guides et conseils pratiques
Editeur : CFPJ, Paris, France
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 9782353070381
GENCOD : 9782353070381
Sorti le : 24/02/2011
Ce manuel d'écriture ne traite pas de ce que l'on appelle habituellement «le style journalistique», l'écriture efficace pour atteindre un lecteur (angle, message essentiel, structure, lisibilité). Il traite de ce qui vient en plus, de la «plume», de la «patte», de l'écriture tout court, qu'elle soit journalistique ou littéraire, qu'elle s'attache à restituer le réel ou à le transcender par l'imaginaire. C'est un manuel de l'usage des mots, matière première pour mettre en scène la vie et les sensations.
Cette édition 2011, enrichie d'exemples qui, depuis la parution de la première édition, ont déclenché chez l'auteur «grimaces de contrariété ou soupirs de plaisir», propose un chapitre supplémentaire sur ce qu'on appelle aux États-Unis le «new journalism», qu'on peut traduire par «journalisme littéraire», «reportage littéraire» ou encore «journalisme narratif». À lire pour s'entraîner à donner du poids et de l'épaisseur aux mots, mais aussi pour le plaisir du texte. Pour les journalistes et pour toutes celles et tous ceux qui veulent écrire.
DANE CUYPERS
Dane Cuypers est journaliste (La Vie, Psychologies, Nouvelles Clés, Trek Magazine...). Elle a publié des recueils de nouvelles, un roman, un livre d'entretien, un guide sur le bien-être et, plus récemment, Tourments et merveilles en pays khmer (Actes Sud, 2009, essai documenté et journal d'une voyageuse), Un jour à Grazalema (2009, pièce qui a obtenu le Prix des Rencontres méditerranéennes des auteurs de théâtre) et Le dictionnaire de la mort (ouvrage collectif, Larousse, 2010, articles Vietnam et Cambodge). Elle tient un blog sentimental et coléreux (www.atmotsphere.org) et anime des ateliers d'écriture (CFPJ, entreprises, centres sociaux, particuliers, jardins et voyages d'écriture...).
Extrait du préambule
«Franchement de quoi j'me mêle ? Restons à notre place !», comme me disait, en substance, une rédactrice en chef d'un quotidien à qui je proposais un papier tourisme où les sensations auraient eu la part belle. «Nous ne sommes pas Nicolas Bouvier», m'assena-t-elle, glaciale.
Tout a commencé là sans doute. Cette façon de me faire renvoyer dans mes cordes a déclenché, outre une provisoire vexation, l'envie de clouer le bec et la plume à cette journaliste arrivée mais à priori pas repartie. Mais arrivée quand même alors que moi, pigiste, etc. Cas de résilience patent comme dirait notre ami Cyrulnik... L'idée donc m'est venue de proposer au CFPJ des ateliers d'écriture classique, à la façon de ceux que j'animais chez Aleph-Écriture : des ateliers qui visent à favoriser l'expression de soi certes, mais aussi le travail de la langue, l'un n'allant pas sans l'autre, voir Flaubert. Des ateliers qui conjuguent «l'émotion et la technique», pour reprendre la formule d'Aleph. Bref ces ateliers hautement méprisés par le monde de la littérature en France alors qu'aux États-Unis beaucoup d'écrivains s'y sont frottés. Rappelons qu'il s'agit d'écrire un texte sur proposition de l'animateur, la contrainte thématique ou formelle, ou les deux, et le temps limité, déclenchant, quasiment dans tous les cas, l'écriture. La lecture à haute voix, et donc le partage, de tous les textes vient renforcer (même si les premières fois elle génère aussi du stress) la motivation.
Étant à la fois journaliste, auteure et animatrice d'atelier, mon intuition et mon expérience étaient que les ressorts que l'on mettait en marche pour faire naître des textes de fiction de qualité, pour les pousser plus loin, leur donner plus de force, de souffle, d'épaisseur, ces ressorts-là marchaient aussi pour l'écriture journalistique. Natalie Goldberg, américaine, animatrice d'ateliers, a écrit deux livres pour essayer de démonter le moteur de l'écriture. Fiction ou non-fiction, pour elle il n'y a pas de différence essentielle.
Elle raconte ainsi avoir animé, au Nouveau-Mexique, un séminaire d'écriture pour des militants écologiques :
«Je leur ai demandé d'écrire sur leur père, sur un premier baiser, un repas qu'ils avaient aimé...»
Certains se rebiffent :
«Nous devons raffiner nos techniques de persuasion pour obtenir des subventions. Nous devons nous améliorer en non-fiction !»
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