- Pierre Charras
- Mercure de France, Paris, France
Je le voyais s'éloigner, la nuque maigre, le crâne chauve, les épaules effondrées. Je n'ai pas bougé. J'aurais dû l'appeler, le serrer dans mes bras, lui dire que j'étais heureux qu'il me fasse cadeau, pour me faciliter la vie de tous les jours, des objets qui lui avaient permis d'être lui. Mais je n'ai pas bougé, je n'ai rien dit. C'est aujourd'hui, tant d'années après, que je voudrais le rattraper et le prendre contre moi. Je sais bien qu'il est trop tard, mais j'y reviens sans arrêt. Comme un cul-de-jat (...)
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- Pierre Charras
- Dilettante, Paris, France
«Il y a bien quelque temps déjà qu'Antoine n'a plus peur. Il continue cependant à boire, un peu par habitude, un peu par paresse. C'est souvent la même chose... Un peu - beaucoup ! - par goût, bien sûr. En réalité, il boit comme il respire, sans trop savoir pourquoi. Il pourrait aussi bien arrêter : il n'a seulement pas essayé, voilà tout.» À propos de Francis Bacon, le ring de la douleur «Pierre Charras signe là un sombre petit livre fouaillant la tripe des souvenirs, flirtant avec l'indicible et l'obscè (...)
- Pierre Charras
- Dilettante, Paris, France
En huit nouvelles, Pierre Charras s'affirme comme un peaufineur de catastrophes et affineur de chaos. Menus et irrémédiables. On va sur du lisse, évolue en pleine tiédeur, nage en plein calme, puis soudain : l'écharde, la crampe. Le trou de vase. Notre monde est carié et c'est à l'affût de ces instants de rupture qu'il lance sa plume. Mine de rien, c'est le Rien qui nous accable. Dont acte : un «nid d'amour» qui, d'un coup, perd son charme; une fillette croisée dans le métro; une moliéresque cérémonie des p (...)
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